Les chauffeurs de taxi n’ont pas dérogé de leurs demandes initiales : un montant de 450 millions $ représentant la perte de valeur des permis de taxi du Québec depuis l’entrée en scène d’Uber en 2014.

Permis de taxi: la rencontre tourne au vinaigre

La deuxième rencontre du comité des Finances sur la valeur des permis de taxi a tourné au vinaigre lundi alors que les regroupements de taxis ont accusé le gouvernement de tenter de se défiler pour ne pas compenser la perte de valeur des permis de taxis en raison de la tolérance envers la multinationale Uber.

«Ça ne s’est pas bien déroulé du tout. Alors que le mandat principal de ces rencontres est de compenser la perte de valeur des permis, le gouvernement nous a dit qu’il ouvrait la porte à plusieurs scénarios, qu’il n’était plus certain que la perte de valeur était la responsabilité du gouvernement et qu’il n’était plus certain qu’Uber était la cause de cette perte de valeur», a déclaré au Soleil M. Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec.

Les représentants de Taxis du Grand Montréal, un nouveau regroupement qui représente la majorité de l’industrie du taxi de l’île et de la Rive-Sud de Montréal, sont également sortis déçus de cette rencontre qui était dirigée par le ministère des Finances, la Commission des transports du Québec, le ministère des Transports et Revenu Québec.

 «Nous soupçonnons maintenant le gouvernement de vouloir y aller d’une déréglementation totale de l’industrie du taxi puisque leurs représentants n’ont pas nié quand nous leur avons posé la question», poursuit M. Homsy, rappelant que le comité devait au départ avoir pris une décision à la mi-février.

Demandes de 450 millions $

Les chauffeurs de taxi, eux, n’ont pas dérogé de leurs demandes initiales: un montant de 450 millions $ représentant la perte de valeur des permis de taxi du Québec depuis l’entrée en scène d’Uber en 2014. «La Commission des transports a les chiffres et on a les chiffres.»

Les regroupements de taxis donnent donc au gouvernement jusqu’au dépôt du budget pour se positionner, après quoi ils se donnent le droit d’effectuer divers moyens de pression. «Ce n’est pas une menace, mais il y aura des moyens de pression si on s’en va vers une déréglementation sans compensation. Le budget est toujours déposé autour du 20 ou du 22 mars. S’il n’y a rien pour le taxi dans le prochain budget, on comprendra ce que ça veut dire», a-t-il conclu.

L’industrie du taxi regroupe 22 000 travailleurs au Québec, dont 3000 voitures à Montréal et 600 à Québec.