Shawinigan recevra 3 548 902 $ en 2018 dans le cadre du programme provincial de péréquation municipale, une hausse de pas moins de 31,6 % par rapport à la somme obtenue en 2017.

Péréquation: nouveau record pour Shawinigan

Shawinigan — Le programme provincial de péréquation municipale contribue encore grandement à l’équilibre du budget à Shawinigan. En fait, la Ville touchera, en 2018, le montant le plus important jamais consenti par le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire à partir de cette enveloppe.

Shawinigan recevra effectivement 3 548 902 $, une hausse de pas moins de 31,6 % par rapport à la somme obtenue en 2017. Visiblement, le nouveau mode de calcul progressif de la péréquation instauré à la suite de l’Accord de partenariat avec les municipalités 2016-2019 avantage Shawinigan. 

Dans le cadre de cette entente, le gouvernement du Québec réserve annuellement 60 millions $ pour la péréquation, un programme qui vise à soutenir les municipalités pour éviter qu’elles surtaxent leurs contribuables en raison d’une richesse foncière insuffisante. En 2018, Shawinigan accaparera à elle seule tout près de 6 % de cette enveloppe.

Les principales villes de la région occupent toujours le haut de ce palmarès, année après année. Depuis 2016, dans le cadre du nouvel accord, le gouvernement du Québec instaure un mode de calcul un peu différent. Ainsi, cette année, le MAMOT utilisait 50 % de l’ancienne formule pour déterminer le montant et 50 % de la nouvelle formule. En 2018, la proportion passera à 25 % de l’ancien mode et 75 % du nouveau. À compter de 2019, la nouvelle formule négociée en 2015 s’appliquera complètement.

Shawinigan obtient une compensation particulièrement élevée en raison notamment de la forte dévaluation ou la démolition des grandes usines qui ont fermé leurs portes au cours des dernières années, entraînant ainsi des baisses de revenus.

«La richesse foncière augmente beaucoup moins rapidement chez nous que dans d’autres villes du Québec», constate le maire, Michel Angers. «C’est l’élément de base dans le calcul de la péréquation.»

«J’essaie de voir les effets négatifs d’avoir un rôle d’évaluation bas et honnêtement, j’avoue que je n’en vois pas beaucoup», ajoute-t-il. «Les maisons sont beaucoup moins chères chez nous qu’ailleurs. Dans le calcul de la péréquation, ça a un impact très important en terme de retour d’argent.»

Par contre, les municipalités bénéficiaires demeurent à la merci du gouvernement du Québec. M. Angers ne sent toutefois pas ce programme menacé.

«On portera toujours un intérêt particulier à la richesse foncière», détecte-t-il. «Le ministre et les unions municipales n’en dérogent pas. On est à la remorque de celui qui donne, mais le gouvernement du Québec ne remet pas en question ce principe de partage de la richesse.»

«Ce sont des montants extrêmement importants que nous recevons et qui nous permettent de continuer à investir un peu et de nous assurer que le taux de taxation reste le plus bas possible», souligne M. Angers. «On prend ce qui nous revient.»

Pendant ce temps, Trois-Rivières suit le chemin inverse. En 2015, la capitale régionale avait reçu un montant de 3 059 400 $, le plus élevé au Québec à ce moment. Cette somme fond progressivement pour atteindre 1 827 375 $ en 2018. Le conseil municipal doit donc jongler avec une perte de revenus de péréquation de 25 % par rapport à l’an dernier et de 40 % en trois ans.

«Le conseil doit récupérer 620 000 $ d’une façon quelconque», résume Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières. «Il faut récupérer cet argent quelque part. La coupe est plus importante parce que pour nous, le dernier pacte fiscal n’était pas à notre avantage.»

«En même temps, ça peut être considéré comme une bonne nouvelle, puisque ça a rapport avec la richesse foncière de la ville», ajoute M. Toutant. «Ça donne le signal qu’on est moins pauvres!» 

À La Tuque, les élus vivront avec sensiblement la même enveloppe de péréquation en 2018 par rapport à celle de 2017, puisqu’elle augmentera de moins de 1 %.

Sûreté du Québec

Cette richesse foncière joue également dans le calcul pour le montant versé par le gouvernement pour aider les municipalités à défrayer les coûts de la Sûreté du Québec. Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, annonçait la semaine dernière une aide financière de 22,8 millions $ pour soutenir la hausse de la facture de ce service en 2018, notamment en raison d’une nouvelle convention collective.

En général, les municipalités devront payer une facture supplémentaire de 3 % pour la SQ en 2018, plutôt que celle de 10,5 % prévue avant le soutien financier de Québec. Pour Shawinigan, le maire précise qu’il s’agit plutôt d’une hausse de 2,71 %, en raison justement de la faible richesse foncière. 

En 2017, la Ville devait assumer des frais de 4,549 millions $ pour sa desserte policière. À la suite de l’annonce de cette semaine, la facture grimpera à 4,672 millions $, un montant toutefois moins élevé que celui qui était prévu au budget adopté lundi. En fait, la Ville s’attendait à une hausse de 262 000 $ par rapport à l’an dernier. Elle s’établira plutôt à 123 000 $.

M. Angers souligne que dès le début 2018, les maires et le gouvernement du Québec se pencheront sur la facturation de la SQ à long terme.