Luc Ouellette, à gauche, accompagné des membres de son quatuor de curling Érik labonté, François Charron et Shawn Leblanc.

Perdre un match, sauver une vie

Luc Ouellette a beau avoir perdu en demi-finale, mais il a remporté le titre de héros du jour, lors d’un tournoi de curling, dimanche, à Montréal.

Le pompier de Gatineau venait de subir la défaite en demi-finale, à Baie-D’Urfé. Pour faire « passer la pilule », lui et ses équipiers du Club de curling de Buckingham se sont ouvert une bière.

Ce fut un bref instant de relaxation, puisqu’une dame a lancé l’alerte. Un homme subissait, à l’instant, un infarctus, sur la glace.

« Tout de suite, j’ai dit : faites le 9-1-1, je suis pompier à Gatineau. En arrivant auprès de l’homme, j’ai tout de suite compris qu’il subissait un arrêt cardiaque. »

Les réflexes ne se perdent pas à l’extérieur de la caserne.

La victime ne pouvait être plus chanceuse dans sa malchance. Son secouriste, infirmier dans une autre vie, était pompier depuis 25 ans.

L’établissement où se déroulait le tournoi était équipé d’un défibrillateur du même modèle que ceux qu’on retrouve dans les endroits publics de la Ville de Gatineau.

« J’ai massé et donné la respiration au monsieur en attendant l’ambulance, raconte M. Ouellette. Le premier répondant arrivé sur les lieux m’a dit de garder le lead car il voyait bien que je savais très bien ce qui se passait. Quand tu donnes un choc et que tu vois les yeux s’ouvrir... Wow. »

Un ami de la victime semblait aussi connaître les bases des premiers soins, mais semblait plus nerveux. « Le temps joue contre toi... J’ai décidé tout de suite de prendre le contrôle de la scène. »

Il a fallu une décharge pour faire battre le coeur à nouveau. La victime, affaiblie, est revenue à elle, avant son transport à l’hôpital.

Dimanche soir, le pompier, de retour à Gatineau, est revenu sur les événements de sa journée, en regardant l’émission spéciale de Loto-Québec, Célébration 2018, à la télé.

« Ma femme m’a dit que le monsieur avait, en quelque sorte, gagné son million. Il avait aussi gagné à la loterie. »

Chez les Ouellette, tout le monde a reçu sa formation en premiers soins. « C’est obligatoire, chez nous. On en sait jamais. Peut-être qu’un jour, ce sera à mes enfants de me le faire, ce massage cardiaque. »

Le pompier, qui comptera 25 ans d’ancienneté en 2018, constate que davantage de citoyens ordinaires sont aujourd’hui formés aux premiers soins, tant dans les institutions fédérales de Gatineau-Ottawa, que dans les entreprises privées.