C’est Percé qui avait subi les pires dommages causés par la bombe météorologique du 30 décembre 2016.

Percé, un an après la bombe météo

MATANE — Un an s’est écoulé après la bombe météorologique qui s’était abattue sur l’Est-du-Québec. Le 30 décembre 2016, plusieurs municipalités avaient durement été éprouvées par l’assaut de la mer déchaînée. Défigurée, Percé était de loin celle qui avait subi les pires dommages. Un an plus tard, comment ce joyau touristique s’en est-il relevé?

Depuis cette tempête historique, il en aura coûté environ 20 millions $ pour rebâtir les infrastructures détruites, relocaliser des bâtiments pour les éloigner de la mer et acquérir des terrains visant à réaliser le projet de reconstruction du cœur du village. Le vaste chantier a été financé en grande partie par le gouvernement provincial. 

Il y a un mois, le plus important des travaux de protection et de réhabilitation du littoral a été complété. Quelque 7000 voyages de camion et pas moins de 119 000 tonnes de galets ont été nécessaires à la recharge de la plage afin de protéger le cœur de Percé pour les 50 prochaines années. 

Plusieurs infrastructures et des bâtiments avaient subi de lourds dommages. «Ce qui restait de l’ancienne promenade, dont le mur de béton, a été détruit», décrit le directeur général de la Ville de Percé, Félix Caron. «Du matériel granulaire était disparu à cause de l’érosion du terrain.» Les conduites sanitaires avaient aussi été démolies. Au plus fort de la marée, le quai avait complètement été submergé. «Le quai était déjà pas mal magané, mais il n’a pas été plus endommagé qu’il l’était», indique l’officier municipal. 

La Maison du pêcheur et le Café de l’Atlantique ont été éloignés d’une trentaine de mètres du littoral.

Relocalisations

Cinq bâtiments ont été déménagés de quelques dizaines de mètres pour les éloigner de la plage. Il s’agissait de l’édifice patrimonial Bell House, de résidences de touristes et de commerces. La Maison du pêcheur et le Café de l’Atlantique, qui lui était attenant, figuraient parmi ceux qui avaient subi les pires détériorations. «C’était un gros défi pour les entrepreneurs qui ont réalisé ces travaux-là, surtout pour La Maison du pêcheur, où il y avait deux parties de bâtiment qui devaient être soulevées en même temps et transportées», souligne le directeur général de la Ville.

L’immense chantier qui était en cours l’été dernier devant l’un des attraits les plus achalandés du Québec n’a pourtant pas refroidi les touristes. 

«C’était notre appréhension», admet Félix Caron. «Mais, ça a été le contraire qui s’est produit. Il faut dire qu’on avait beaucoup martelé l’information que Percé était en train de se refaire une beauté. Donc, les gens ne sont pas arrivés surpris. À notre grande surprise, les gens ont apprécié de voir que Percé se reprenait en main. On avait mis beaucoup de panneaux pour expliquer pourquoi on faisait ça et à quoi Percé aurait l’air en 2018. On n’a pas eu un seul commentaire négatif. En plus, ça a coïncidé avec l’entrée en fonction du Géoparc et de la plateforme vitrée suspendue, de la tyrolienne et de l’attrait de la montagne qui étaient nouveaux en 2017, qui ont enlevé le focus sur le bord du littoral.»

La Ville s’est déjà attaqué à la dernière phase, considérée davantage esthétique. Les travaux devraient être finalisés le 15 juin. Félix Caron se souviendra longtemps de 2017, alors qu’en plus des caprices de Dame Nature, la Ville de Percé a été sous l’administration provisoire de la Commission municipale du Québec une bonne partie de l’année.