Pénurie de préposés aux bénéficiaires: le CISSS de Chaudière-Appalaches recrutera en Tunisie

Aux grands maux, les grands moyens : pour pallier la pénurie de préposés aux bénéficiaires dans ses établissements, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches recrutera des «aides-soignants» en Tunisie, a appris Le Soleil.

Le CISSS vient de publier un appel d’offres afin d’acquérir les services d’une firme dont la mission sera de recruter en Tunisie une quarantaine d’aides-soignants qui pourront prêter main-forte aux préposés aux bénéficiaires de la région de Chaudière-Appalaches en 2019. Si l’expérience est concluante, elle sera répétée pour l’année 2020, nous a-t-on précisé au CISSS. 

«La pénurie de main-d’œuvre, et particulièrement de préposés aux bénéficiaires, c’est du jamais vu dans le réseau, et ça ne va pas s’améliorer. Les besoins de la population sont de plus en plus grands et criants. On le voit que ça va être difficile cette année, on a moins d’étudiants qui s’inscrivent aux formations. Et on voit arriver l’été…» explique la responsable du projet au CISSS de Chaudière-Appalaches, Julie Gauthier, tout en assurant que l’établissement poursuit les efforts de recrutement ici. 

Vérifications

La firme devra vérifier la formation et l’expérience des candidats, qui doivent posséder au moins trois ans d’expérience comme aide-soignant, valider l’authenticité de leur diplôme, vérifier leurs antécédents judiciaires et évaluer leurs compétences en français, précise-t-on dans l’appel d’offres. Les représentants du CISSS se rendront en Tunisie au terme de cette présélection pour passer les candidats en entrevue, indique Mme Gauthier. 

«Ils ont une formation d’aide-soignant qu’on reconnaîtra comme une formation de préposé aux bénéficiaires. On a étudié les diplômes, et ils ont des formations très intéressantes. Il y a peut-être des lacunes sur le plan clinique, mais on va leur donner une formation et un stage pour mettre leurs compétences à niveau», mentionne la responsable du projet. 

À sa connaissance, des résidences privées pour aînés ont déjà recruté du personnel en Tunisie, mais il pourrait s’agir d’une première dans le réseau public. «De plus en plus de firmes de recrutement internationales se tournent vers la Tunisie parce que les Tunisiens parlent bien le français», dit Julie Gauthier. 

À leur arrivée au Québec, les aides-soignants tunisiens auront droit à une aide de base comprenant leur prise en charge à l’aéroport, une nuit à l’hôtel de même que de l’accompagnement pour obtenir un numéro d’assurance sociale, une carte d’assurance-maladie, un permis de conduire et un compte bancaire. Le CISSS assumera aussi les honoraires liés à l’obtention par les candidats des différents documents administratifs requis pour travailler au Québec. «C’est environ 1400 $ par candidat», calcule Julie Gauthier.