De 1981 à 2017, 229 700 personnes de 45 ans et moins ont déménagé dans une autre province.

Pénurie de main-d’oeuvre: le Québec perd ses jeunes au profit du reste du Canada

MONTRÉAL — Le Québec a perdu aux mains des autres provinces canadiennes beaucoup de résidents âgés de 45 ans et moins au cours des 35 dernières années, ce qui a contribué à l’actuelle pénurie de main-d’oeuvre.

Une étude que publie jeudi l’Institut économique de Montréal (IÉDM) sur la migration interprovinciale a noté une légère augmentation de la présence de cette catégorie d’âge au Québec depuis 2010, mais elle la qualifie d’anémique.

L’étude compilée à partir de données de Statistique Canada signale que de 1981 à l’an dernier, 229 700 personnes de 45 ans et moins ont déménagé dans une autre province.

De 1981 à 2010, le nombre de personnes âgées de moins de 15 ans a reculé de 12,6 pour cent alors qu’en Ontario, il a progressé de 16,2 pour cent. Dans la catégorie des 15 à 44 ans, le déclin au Québec s’est élevé à 5,1 pour cent alors que l’augmentation en Ontario a été de 26,1 pour cent et de 20,8 pour cent, en moyenne, au Canada.

L’économiste Marcel Boyer, chercheur associé à l’IÉDM, constate qu’en plus d’avoir perdu un grand nombre de jeunes aux mains des autres provinces, le Québec en a peu accueilli en provenance des autres régions du pays.

Le professeur Boyer, qui qualifie le phénomène de véritable hécatombe démographique, estime qu’il aura des effets importants à long terme sur la disponibilité de main-d’oeuvre. À son avis, l’économie du Québec souffre de la faiblesse de son pouvoir d’attraction.

L’Institut économique de Montréal affirme que les principaux facteurs qui encouragent la croissance démographique, particulièrement le solde migratoire, sont la création d’emplois, les perspectives de croissance, la flexibilité du marché de l’emploi et les possibilités de développement personnel et professionnel. Or, l’IÉDM a noté que depuis 35 ans, seulement 18,3 pour cent des emplois à temps plein créés au Canada l’ont été au Québec.

L’économiste Boyer affirme qu’une économie trop protégée, par exemple par une prépondérance trop forte des droits acquis et de l’ancienneté, devient nécessairement plus sclérosée et moins accueillante.