André Moïse et Vincent Ouellet, de Laser AMP, à Granby, affirment que l’entreprise a fait le pari de devenir un « employeur de choix ».

Pénurie de main-d'oeuvre: devenir un employeur de choix

La pénurie de main-d’œuvre touche la grande majorité des industries du Québec. Des chefs d’entreprise optent pour la créativité quand vient le temps de contrer ce problème. Les six quotidiens du Groupe Capitales Médias ont répertorié une douzaine de « bonnes idées ». À lire jusqu’au 16 janvier.

Pour pallier le problème de pénurie de main-d’œuvre, l’entreprise Laser AMP fait le pari de poser une série de mesures en 2018 qui feront d’elle un employeur de choix.

« On n’attaque pas le problème du même angle que d’autres entreprises. Il y a de bons travailleurs dans la région. Je ne veux pas que nous soyons le club-école, mais le vrai club. Il y a de grandes entreprises, comme GE, par exemple, qui sont de vrais siphons et qui attirent plein de travailleurs quand ils ouvrent des postes, à cause de la notoriété et d’un paquet de facteurs. Je veux que Laser AMP devienne ça », affirme le président et copropriétaire de la PME de Granby, André Moïse. 

Bref, c’est une transformation en profondeur des pratiques qu’André Moïse entreprend dans son entreprise, spécialisée dans la fabrication de pièces métalliques par la découpe au laser, le pliage et la soudure. 

Le virage a déjà été amorcé il y a quelques mois avec l’embauche d’un responsable des ressources humaines, Vincent Ouellet. Avec celui-ci, Laser AMP a révisé sa cible, note M. Moïse. « Avant, le focus, c’était la clientèle, les ventes et les marchés visés. Là, ça a changé de bord. Le focus est sur les employés », dit-il.

Mentalités 

Laser AMP a déjà mis en place différentes pratiques afin d’attirer et retenir la main-d’œuvre. Entre autres exemples, les horaires et les heures de pause sont flexibles. Les primes de quart y sont « avantageuses ». La rémunération est jugée « compétitive » et orientée sur les compétences et les habiletés. 

Mais tout cela n’est pas suffisant. « Les principes d’attraction et de rétention, et ça a été prouvé par plusieurs études, sont liés au travail lui-même. Est-ce que la personne a des défis pour croître dans son travail ? Est-ce que son rôle est clair ? Est-ce qu’elle est reconnue ? », relève Vincent Ouellet-, partenaire d’affaires, ressources humaines chez Laser AMP. 

Ce dernier affirme qu’un de ses rôles en 2018 sera ainsi de sensibiliser les gestionnaires de l’entreprise notamment sur la bonne façon de donner un « feedback » aux employés, qu’il soit positif ou négatif. 

« Ça peut être un changement de mentalité pour certains. Il faut adopter un climat de travail positif et constructif pour les travailleurs. Je pense que beaucoup d’entreprises sont en train de se réveiller là-dessus », dit M. Ouellet. La méthode autoritaire qui a pu teinter certaines entreprises à une époque n’a ainsi plus sa raison d’être. 

« On va travailler la façon dont on gère le travail. On veut qu’à la fin, l’employé soit responsable et que ça ne repose pas juste sur un directeur de production et un contremaître », renchérit André Moïse. 

Grosse année

Offrir un milieu de travail sain et sécuritaire, ainsi qu’être à l’écoute des employés, d’un point de vue professionnel, mais aussi personnel, sont d’autres mesures qui peuvent sembler aller de soi, mais qui importent pour l’attractivité et la rétention du personnel, souligne Vincent Ouellet. 

L’année 2018 s’annonce chargée pour Laser AMP, car la PME, qui emploie une centaine de personnes, a aussi entrepris le virage 4.0. ; virage qui permettra à l’usine de devenir « intelligente ». 

« On a fait nos devoirs. On donne le go sur un paquet de choses qu’on veut déployer. D’après moi, dans six mois, on va déjà être de bons utilisateurs. Ça devrait aller assez vite », note André Moïse.

Selon le président de l’entreprise, la croissance a été « stable » au cours des dernières années. La révision en profondeur entreprise chez Laser AMP vise néanmoins à augmenter la cadence. En 2018, une croissance de 15 à 20 % est ciblée. 

« Avant d’y aller avec une progression fulgurante, on voulait s’assurer d’avoir tous les éléments en place », renchérit pour sa part Vincent Ouellet, qui affirme que cette nouvelle approche est bien perçue des employés. « Ce n’est pas juste au niveau de la direction. Tous les employés sentaient qu’il y avait un virage à faire », dit-il.