Le palais de justice de Québec

Peine réduite pour un jeune en psychose qui a tenté de noyer une kayakiste dans la Chaudière

La Cour d’appel réduit de façon considérable la peine imposée à un jeune homme qui, en pleine psychose toxique, avait tenté de faire couler une kayakiste dans la rivière Chaudière à Saint-Georges.

«Rarement a-t-on vu un profil aussi positif d’un toxicomane qui, non seulement souhaite se reprendre en main, mais pose tous les bons gestes pour y parvenir», écrivent les trois juges de la Cour d’appel à propos d’Antony Bernard, tout juste âgé de 18 ans au moment des faits.

Le 7 juillet 2017, Antony Bernard est dans un épisode de psychose toxique après avoir consommé du cannabis et des méthamphétamines lors d’un festival. Il décide de quitter la maison de thérapie où ses parents l’ont amené.

En voyant la rivière Chaudière devant lui, le jeune homme est pris de l’idée saugrenue d’aller retrouver à la nage une amie qui vit à Beauceville.

Sur son trajet, il croise une kayakiste qu’il fait chavirer et tente ensuite de noyer. 


« Rarement a-t-on vu un profil aussi positif d’un toxicomane qui, non seulement souhaite se reprendre en main, mais pose tous les bons gestes pour y parvenir »
Les trois juges de la Cour d’appel à propos d’Antony Bernard

Au terme d’un procès, Antony Bernard a été déclaré coupable de voies de fait graves, de voies de fait ayant causé des lésions et de menaces de causer la mort. Le juge Hubert Couture de la Cour du Québec lui a imposé une peine de deux ans moins un jour avec une probation de trois ans.

La Cour d’appel estime que le juge de première instance a commis une erreur en ignorant la preuve positive «d’une réhabilitation concrète et bien amorcée», faite de rapports médicaux et psychiatriques. 

Thérapies

Antony a déjà entrepris des thérapies, suit les conseils de son psychiatre, s’est éloigné de ses mauvaises fréquentations et a des projets, note les spécialistes qui l’ont rencontré.

«Ce facteur est important, surtout, mais pas uniquement, lorsque la toxicomanie sous-tend la problématique criminelle et que tous les indicateurs pointent vers une reprise en main», note la Cour d’appel.

Dans sa peine, le juge de première instance aurait aussi dû tenir compte du fait qu’Antony Bernard avait été assigné à domicile durant 14 mois, avant d’être déclaré coupable.

La Cour d’appel retient donc la suggestion des avocats d’Antony Bernard et remplace la peine de deux ans moins un jour par un sursis de peine avec une probation de trois ans. Le jeune homme est donc libre et le restera durant sa probation, à moins de briser l’une de ses 11 conditions.