Environ 2 millions $ devraient servir à fournir diverses formations à des travailleurs d’usine.

Pêche au homard et au crabe: Québec sensible à la situation de crise

CARLETON – Le gouvernement du Québec appuiera financièrement les travailleurs d’usines de transformation de produits marins et les pêcheurs subissant les contrecoups des mesures de protection de la baleine noire, mesures controversées instaurées par le gouvernement fédéral depuis avril.

Environ 2 millions $ devraient servir à fournir diverses formations à des travailleurs de trois usines, deux à Sainte-Thérèse-de-Gaspé, en l’occurrence E. Gagnon et fils de même que Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan, puis Poisson salé gaspésien, de Grande-Rivière.

Jusqu’à 800 travailleurs d’usine pourraient recourir à ces formations au cours des prochaines semaines, à mesure que la diminution des approvisionnements de crabe et de homard s’accentuera. Un nombre pouvant aller jusqu’à 150 aides-pêcheurs bénéficieront de formation.

«Le principe, c’est de maintenir le lien d’emploi entre les travailleurs et les usines. On rembourse 100 % des frais et des salaires. C’est très, très rare. Habituellement, c’est 50 %, mais personne ne s’attendait [à une telle crise]», explique François Blais, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

La période d’emploi de plusieurs travailleurs d’usines et des pêcheurs est courte, à 14 semaines, mais ce sont des semaines d’au moins 55 heures. Le ministre Blais assure que la formation sera offerte en fonction de 50 heures rémunérées.

La formation des travailleurs d’usines sera orientée vers l’amélioration de leur polyvalence. Les aides-pêcheurs suivront des cours en entretien des équipements de bateaux.

Baleines noires

La situation de crise dans la capture et la transformation de crabe des neiges et de homard est provoquée par l’application de règles de protection des baleines noires essentiellement basées sur des études américaines.

Elles ont pris la forme depuis le 28 avril d’une demi-douzaine de fermetures de secteurs marins couvrant une partie dominante des ressources de crabe dans le sud du golfe Saint-Laurent. De plus, une fermeture entrant en vigueur dimanche touchera les côtes, où évoluent les homardiers. La moitié des homardiers gaspésiens perdra ainsi trois semaines de capture même si aucune baleine noire n’a jamais été vue dans leur secteur immédiat.

Aucune aide d’Ottawa

Les pertes pour l’industrie gaspésienne atteindront quelques dizaines de millions de dollars. Le ministre fédéral Dominic LeBlanc n’a pas l’intention d’indemniser les pêcheurs.

Le manque de communication du gouvernement fédéral à l’endroit des pêcheurs a été abordé vendredi par Laurent Lessard, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), de passage comme François Blais à Sainte-Thérèse-de-Gaspé.

«On peut faire de la cogestion», a noté M. Lessard, soulignant que les technologies permettent aux pêcheurs de suivre l’évolution des baleines signalées par les vols d’observation de Pêches et Océans Canada.

Le MAPAQ est prêt à débloquer des fonds pour aider les pêcheurs ayant récemment acquis des bateaux à payer l’intérêt de leur hypothèque maritime. Le montant devrait être inférieur à 1,5 million $.