Paul Bernardo, illustré par un dessin de cour le 5 octobre dernier, est devenu admissible à la libération conditionnelle en février dernier, mais il n’a pas été autorisé jusqu’ici à sortir des limites de sa prison à sécurité maximale de l’est de l’Ontario.

Paul Bernardo demande sa libération conditionnelle

Paul Bernardo, dont les déviances sexuelles avaient horrifié le pays dans les années 90, doit demander mercredi sa libération conditionnelle en affirmant qu’il a tout fait pour s’améliorer au cours de ses 25 ans de prison, passés la plupart du temps en isolement cellulaire.

Désigné «délinquant dangereux» par le système judiciaire, Paul Bernardo, aujourd’hui âgé de 54 ans, est devenu admissible à la libération conditionnelle en février dernier, mais il n’a pas été autorisé jusqu’ici à sortir des limites de sa prison à sécurité maximale de l’est de l’Ontario.

L’audience de libération conditionnelle, qui devrait attirer de nombreux observateurs, intervient deux semaines après que la Couronne a retiré son accusation de possession d’armes, liée à la découverte d’une vis fixée à un stylo à bille dans la cellule de Bernardo.

Son avocat n’a pas répondu mardi à une demande d’entrevue sur la demande de libération. Mais lors du procès avorté pour possession d’arme, plus tôt ce mois-ci, Me Fergus O’Connor a offert des indices sur ce que Paul Bernardo devrait plaider mercredi devant la Commission nationale des libérations conditionnelles.

L’avocat soutenait alors que son client était horrifié par ce qu’il avait fait, qu’il en assume l’entière responsabilité et qu’il exprimerait des remords sincères. Bien que l’isolement cellulaire ait limité son accès aux programmes de réhabilitation, Paul Bernardo aurait fait selon lui un «effort résolu non pas pour se réconcilier avec ses gestes — puisque cela est impossible — mais pour devenir meilleur».

Me O’Connor a soutenu par ailleurs que Paul Bernardo avait fait preuve d’une bonne conduite dans des «conditions très difficiles» de détention.

Les crimes

Les crimes de Paul Bernardo, commis pendant plusieurs années à la fin des années 80 et au début des années 90 — et certains filmés sur vidéos —, ont suscité la terreur et la répulsion pendant le procès.

Paul Bernardo et sa femme d’alors, Karla Homolka, ont enlevé, torturé et tué Leslie Mahaffy, 14 ans, de Burlington, en Ontario, en juin 1991, à leur domicile de Port Dalhousie, en Ontario, avant de démembrer son corps et d’enfouir les restes dans du ciment et de les jeter dans un lac voisin. Paul Bernardo a également torturé et tué Kristen French, 15 ans, de St. Catharines, en Ontario, après l’avoir séquestrée pendant trois jours.

Arrêté au début de 1993, il a été reconnu coupable en 1995 des meurtres au premier degré des deux adolescentes, en plus de nombreuses agressions sexuelles. Il a été aussitôt condamné à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Tim Danson, avocat depuis longtemps des familles des deux victimes, n’a pas voulu discuter de la demande de libération conditionnelle de Bernardo. «Pour diverses raisons très délicates, ni les familles ni moi ne ferons de commentaires publics jusqu’à la fin de l’audience», a-t-il prévenu mardi.

Danger pour la société?

Me O’Connor, de son côté, soutient que son client est aujourd’hui révulsé par ses «crimes horribles». Pourtant, il peut compter sur des «parents aimants», qui lui rendent visite régulièrement, et la Commission des libérations conditionnelles tiendra compte de son comportement en prison et des risques qu’il représente pour la communauté, a déclaré l’avocat.

Selon lui, les commissaires ne devront pas se demander si Paul Bernardo mérite de demeurer en prison, mais plutôt s’il représente un danger pour la société.

Paul Bernardo, qui a admis avoir violé 14 autres femmes, a également été reconnu coupable d’homicide involontaire relativement au décès de la sœur cadette d’Homolka, Tammy, en décembre 1990. L’adolescente de 15 ans est morte après avoir été droguée et agressée sexuellement par le couple. Karla Homolka a expliqué plus tard qu’elle voulait offrir à Paul Bernardo la virginité de sa sœur en cadeau de Noël.

Karla Homolka a purgé 12 ans de prison, jusqu’en 2005, après avoir plaidé coupable à l’accusation réduite d’homicide involontaire coupable, en acceptant de témoigner au procès de Paul Bernardo.