Les tomates ne feront pas place au cannabis aux serres Savoura.

Pas question de cultiver du cannabis

Saint-Étienne-des-Grès — Propriétaire des serres Savoura depuis 2015, Stéphane Roy n’a nullement l’intention d’imiter Les Serres Bertrand qui ont annoncé leur intention de se convertir à la culture de cannabis biologique. «Ça ne fait pas partie de mes valeurs», indique le président de Sagami-Savoura et Savoura bio.

«J’ai un enfant de 13 ans», plaide cet homme qui brassait déjà des affaires quand il était adolescent. «Je me vois mal, demain matin, me lever et dire que les serres Savoura se lancent dans le cannabis», dit-il.

Le producteur de tomates (et nouvellement de fraises de serres), qui possède une dizaine d’installations au Québec, indique qu’il entend continuer dans sa voie même si cela comporte certains défis, comme c’est le cas présentement à ses installations de Saint-Étienne-des-Grès.

C’est qu’il reste toujours quelques problèmes à régler au niveau du biogaz fourni par la Régie des gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

Dès l’achat des serres, M. Roy dit qu’il a rencontré la direction de la Régie avec une ouverture pour régler ces problèmes. La plus récente rencontre date de la semaine dernière. On se souviendra que la Régie avait vécu de nombreux conflits avec les anciens propriétaires de Savoura, conflits qui s’étaient soldés par des mois d’un coûteux procès que la Régie avait d’ailleurs perdu.

Le propriétaire des serres Savoura Stéphane Roy.

Or, il semble que l’approche de M. Roy soit tout à fait différente. Ce dernier a d’ailleurs recours à un ingénieur pour améliorer la situation et s’est montré ouvert au dialogue avec la Régie. «Je veux qu’on règle la problématique qui est dans le site et on va essayer de la régler», dit-il.

«On est en train de finaliser la dernière phase. Le directeur général de la Régie a présenté au nouveau conseil notre approche qui est très simple et qui va régler le problème une fois pour toutes», indique M. Roy.

Le nouveau président de la Régie, le maire Michel Angers de Shawinigan, n’a d’ailleurs que de bons mots à l’endroit de ce partenaire et voisin de la Régie. «C’est très intéressant de travailler avec M. Roy», assure-t-il.

Il reste encore quelques défis à relever, dans ce dossier, reconnaît M. Angers, notamment la question de la quantité d’eau potable pouvant être mise à la disposition de l’entreprise.

C’est que Stéphane Roy serait intéressé à réaliser éventuellement un agrandissement des installations de Saint-Étienne-des-Grès, la fameuse phase 2 dont il était question depuis plusieurs années avec les anciens propriétaires. Toutefois, «on a de la misère avec l’eau. Ça prend une eau de qualité et en quantité», dit-il. Donc, difficile de parler d’agrandissement «tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas réglé ce point-là. Ce n’est pas de la faute de la Régie», précise-t-il.

Michel Angers indique qu’au niveau de la Régie, il y a aussi une volonté de régler la situation. «On est pris avec un ancien contrat qui nous pèse un peu lourd sur les épaules et M. Roy est tout à fait intéressé à prendre notre gaz, à modifier le système actuel. On est en discussion pour une question de partage de coûts pour permettre de le satisfaire et de satisfaire également la Régie», indique le président de la RGMRM.

On se rappellera que le contrat signé à l’origine par la Régie oblige cette dernière à fournir du gaz naturel de Gaz Métro à Savoura si le biogaz provenant du lieu d’enfouissement technique de Saint-Étienne n’est pas suffisant pour alimenter les serres et c’est la Régie qui doit payer la différence de prix. Cette ligne du contrat a d’ailleurs déjà coûté très cher à la Régie. M. Roy reconnaît que la Régie «est pognée avec une patate chaude».

«Ils sont conscients que leur équipement est désuet et qu’on pourrait faire ça beaucoup plus simple et c’est ce qu’on va faire», assure le propriétaire des serres.

Selon le maire Angers, «il y aurait peut-être une autre alternative. Il y a des projets dans la mijoteuse», laisse-t-il entendre.

Quant à la question de l’eau, c’est aussi à l’étude, dit-il. «Est-ce que l’eau de la rivière Saint-Maurice est intéressante? Est-ce qu’elle doit être filtrée? Des études qui seront faites au cours des prochaines semaines, des prochains mois, vont nous le dire», indique M. Angers.

Si M. Roy «a toujours l’intention d’agrandir, on va s’asseoir avec lui», promet le président.

Notons que les serres de Saint-Étienne emploient présentement entre 55 et 60 travailleurs du Québec et de l’étranger.