Les conservateurs continuent de réclamer trois séances en groupe réduit, mais en personne par semaine, tandis que le gouvernement libéral minoritaire propose plutôt une seule séance hebdomadaire en groupe réduit en personne, en plus d'une séance plus élargie, mais virtuelle.
Les conservateurs continuent de réclamer trois séances en groupe réduit, mais en personne par semaine, tandis que le gouvernement libéral minoritaire propose plutôt une seule séance hebdomadaire en groupe réduit en personne, en plus d'une séance plus élargie, mais virtuelle.

Pas encore d'entente sur le retour à la Chambre des communes [VIDÉO]

OTTAWA — Justin Trudeau blâme sans retenue les conservateurs pour l'impasse qui persiste sur le retour possible des travaux parlementaires.

Justin Trudeau blâme sans retenue les conservateurs pour l'impasse qui persiste quant au retour possible des travaux parlementaires.

«Pour moi, c'est un peu frustrant», a commencé par offrir le premier ministre lorsque le sujet a été abordé à son point de presse, dimanche avant-midi.

«Nos autorités, nos experts […] nous disent qu'il faut continuer à prendre des choix responsables, à limiter nos déplacements. Et il me semble que c'est assez évident que le Parlement ne devrait pas revenir de la même façon qu'il était avant, dès demain», a-t-il noté.

«Les conservateurs ont leur... je ne sais pas», s'est-il interrompu, avant de qualifier l'opposition officielle de «déraisonnable».

Les travaux parlementaires aux Communes ont été suspendus le 13 mars jusqu'au 20 avril, grâce à un accord unanime des partis reconnus en Chambre. Il faut un pareil accord unanime de ces mêmes partis pour que les 338 députés ne soient pas rappelés à Ottawa lundi matin.

À leur dernière sortie publique, les conservateurs exigeaient encore trois séances, en groupe réduit, mais en personne, par semaine, aux Communes.

Ils estiment que c'est seulement ainsi que les partis d'opposition pourront réclamer des comptes au gouvernement minoritaire alors qu'il gère la crise provoquée par la pandémie.

Le gouvernement libéral minoritaire proposait plutôt une seule séance hebdomadaire en groupe réduit en personne, en plus d'une séance plus élargie, mais virtuelle. Les néo-démocrates l'ont convaincu d'ajouter une seconde séance virtuelle par semaine.

Les séances virtuelles ne seraient complètement en place qu'à partir de la semaine du 4 mai.

«C'est un plan responsable. Il garantit une imputabilité parlementaire. Il permet à tous les députés du pays de participer. Plus important encore, il respecte les conseils de nos experts en santé publique sur les risques de la COVID-19», a écrit le leader parlementaire du gouvernement Pablo Rodriguez.

Un retour des élus aux Communes signifie aussi un retour au travail sur place pour des centaines d'employés de soutien dans un lieu où la distanciation sociale est difficile à respecter.

«Malheureusement, les conservateurs demeurent le seul parti à exiger plusieurs séances en personne par semaine, totalisant plus d'heures que les cinq périodes de questions normales d'une séance typique de la Chambre», a également souligné M. Rodriguez dans une déclaration écrite diffusée sur son compte Twitter.

Le Bloc québécois, de son côté, a dit que dans tous les scénarios, il n'enverrait que trois députés en personne aux Communes la semaine prochaine. Les néo-démocrates s'accommoderaient d'une seule séance, la semaine prochaine, en personne, en attendant que les installations techniques permettent la tenue d'une première rencontre virtuelle, la semaine suivante, puis de deux la semaine d'après.

En début d'après-midi, à son point de presse, le chef par intérim du Parti conservateur Andrew Scheer n'en démordait pas.

«Les séances doivent se tenir trois fois par semaine, a-t-il martelé. Le Parlement est un service essentiel», a-t-il répété, accusant Justin Trudeau «d'essayer de remplacer le Parlement par des conférences de presse».

Les sénateurs, de leur côté, se sont entendus pour repousser leur retour aux travaux parlementaires au 2 juin.

Les post-mortem à venir

Justin Trudeau estime qu'il faudra enquêter, éventuellement, sur les responsabilités de la Chine et d'autres pays dans cette pandémie. Mais pour le moment, «la priorité doit demeurer pour moi et pour les autres leaders comment on va protéger nos citoyens aujourd'hui et demain, comment on va s'assurer qu'on a tout ce qu'il nous faut pour nous garder en sécurité».

Pour ce qui est d'un retour sur l'état de préparation du Canada lorsque la pandémie a frappé, le premier ministre n'hésite pas à faire un mea culpa.

«Quand on vit une crise comme ça, avec les tragédies qu'on est en train de voir, on ne peut jamais dire qu'on était tout à fait préparé», a-t-il fait remarquer.

«On s'est rassemblé pour pouvoir mettre en place des mesures pour protéger les gens, pour freiner la propagation de ce virus de façon qui est bien positive, comparée à d'autres pays, a-t-il ajouté. Mais même si nous on a une meilleure histoire que d'autres pays à raconter, on ne va pas se tromper, c'est une tragédie extraordinaire et atroce pour trop de familles», a-t-il conclu.

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Rapatriements

Samedi, des Canadiens ont pu rentrer au pays en provenance de l'Érythrée, de Guyana et des Philippines.

Il reste 18 touristes et sept membres d'équipage canadiens sur trois bateaux de croisière encore en mer.

Ottawa a distribué jusqu'à maintenant 5,6 millions $ en prêts à presque 1700 Canadiens coincés à l'étranger.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 528 000 tests administrés au Canada jusqu'à maintenant.

Ils ont décelé 34 787 cas confirmés et probables. La COVID-19 a provoqué jusqu'à maintenant la mort de 1581 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 18 357 cas au Québec, dont 877 décès; 10 578 cas en Ontario, dont 553 décès; 2562 cas en Alberta, dont 51 décès; 1647 cas en Colombie-Britannique, dont 81 décès; 649 cas en Nouvelle-Écosse, dont sept décès; 313 cas en Saskatchewan, dont quatre décès; 257 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 253 cas au Manitoba, dont cinq décès; 118 cas au Nouveau-Brunswick; 26 cas à l'Île-du-Prince-Édouard; neuf cas au Yukon; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s'ajoutent les 13 cas chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.