Une trentaine de personnes ont suivi avec attention la cérémonie des Oscars dimanche soir au bistro La Capsule pour encourager Jérémy Comte. La déception de ne pas le voir remporter la statuette a très vite laissé place à la fierté de voir un Sherbrookois se rendre aussi loin.

Oscars: Jérémy Comte, gagnant dans le cœur des Sherbrookois

Le Sherbrookois Jérémy Comte ne rapportera pas de statuette dorée de la soirée des Oscars, mais ça n’empêche pas les gens de son patelin d’être extrêmement fiers de lui. Plusieurs supporteurs et cinéphiles s’étaient d’ailleurs regroupés au bistro La Capsule pour encourager le réalisateur du court métrage Fauve dimanche soir.

La tension a monté d’un cran dans la salle lorsque la catégorie des courts métrages a été annoncée, elle a toutefois laissé place à une certaine déception lorsque le gagnant, Skin, a été dévoilé. Tous s’entendaient toutefois pour dire que le simple fait d’être en nomination aux Oscars est déjà une victoire en soi pour Jérémy Comte.

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« Ça donne beaucoup d’espoir et d’ambition pour les jeunes qui le regardent, mentionne Pascale Rousseau, qui a travaillé avec Jérémy Comte lors de divers projets à l’Université de Sherbrooke. Ça montre qu’on peut se rendre jusque là même nous au Québec. Ça peut sembler loin et gros, mais quand on a le talent c’est possible. »

« Jérémy a une très grande qualité de cœur, c’est un gars hyper aimable, attentionné et sensible, poursuit celle qui fait partie du jury pour les courts métrages lors du Festival du cinéma du monde de Sherbrooke. C’est un bonheur de travailler avec lui. C’est aussi un grand bonheur de le voir aux Oscars parce que c’est quelqu’un en qui je croyais beaucoup. »

Pascale Rousseau n’a aucun doute dans son esprit, nous allons revoir Jérémy Comte et même très bientôt.

« Je pense que c’est seulement le début, souligne-t-elle. Il a quelque chose de très particulier autant dans son talent que dans sa personnalité. Il va aller loin, car il sait bien s’entourer et être à l’écoute des gens autour de lui. Il faut aller voir sa filmographie, il y a de super belles choses qui ont été faites. »

« Tout est possible »

Pour Jean-Benoît Baron, cinéaste de Sherbrooke, l’accomplissement de Jérémy Comte donne l’impression que « tout est possible ».

« C’est un sentiment de fierté que nous avons à Sherbrooke, lance-t-il. Qui sait, peut-être qu’un jour je vais être à sa place. Même si on est dans un petit patelin en Estrie, the sky is the limit. J’ai un projet de court métrage qui s’en vient et ça donne de la motivation. L’important ce n’est pas tant de gagner, mais c’est la persévérance. Même si Jérémy n’a pas gagné, juste le fait qu’il soit là, que son nom soit là et on a vu des extraits. Des millions de personnes vont voir ça, ce n’est pas rien. Il est déjà gagnant juste d’être là. »

À mettre sur son CV

Pour les cinéphiles Alexandre Leclerc et Jade Poirier, la simple présence de Jérémy Comte à la cérémonie aura une grande incidence sur la suite de sa carrière.

« Une nomination, c’est pratiquement aussi bon que d’avoir gagné, explique Jade Poirier. Ça ne peut pas lui nuire. Les gens en général ne le connaissaient pas, mais maintenant ils le connaissent. Peu importe les projets qu’il va vouloir mettre sur pied, ça va lui donner un bon coup de pouce. »

« Ça se met très bien sur un cv surtout dans le milieu québécois qui est beaucoup plus restreint, mentionne pour sa part Alexandre Leclerc. Des Québécois en nomination aux Oscars il n’y en a pas tant que ça. Ça va l’aider à faire débloquer des projets. Son film était très beau et mystérieux. Les deux garçons dans le film sont incroyables et ils n’étaient pas des acteurs à la base. De diriger des jeunes qui n’ont pas d’expérience, c’est complexe. Jérémy Comte a fait un très bon travail. »