La ministre de la Santé et des services sociaux du Québec, Danielle McCann.

Obstétrique à l'Hôpital du Pontiac: la ministre McCann interpellée par André Fortin

Les nombreux bris de service en obstétrique ces dernières semaines à l’Hôpital du Pontiac ont eu des échos jusqu’à l’Assemblée nationale, mercredi, le député André Fortin interpellant directement la ministre de la Santé Danielle McCann en qualifiant la situation «d’intolérable».

«Pour les mères enceintes de la région, c’est presque une loterie à savoir quand leurs eaux vont crever. Si c’est le jeudi, elles sont chanceuses, elles vont pouvoir accoucher localement; si c’est le vendredi, elles vont devoir accoucher à Gatineau, à 1h30 de route; si c’est le samedi, elles vont devoir accoucher à Pembroke, en Ontario. Le stress sur les futures mères de la région est insupportable. Combien de temps la ministre va laisser la situation perdurer?», s’est exclamé au Salon bleu l’élu libéral de Pontiac. 

D’un ton calme, la ministre McCann a indiqué que le gouvernement suit de «très près» ce qui se passe à cet établissement situé à Shawville et où huit infirmières formées en la matière manquent actuellement pour assurer le service en obstétrique 24 heures par jour, sept jours par semaine. 

«On sait que l’obstétrique, c’est un service de base. On en a réglé des situations au Québec, on a réglé La Sarre, La Malbaie, on en a réglé d’autres. Et c’est ce qu’on va faire pour l’Hôpital du Pontiac. On fait appel aujourd’hui à d’autres établissements, notamment à Montréal. On sait que des hôpitaux à Montréal sont venus aider La Sarre. Le réseau va se mobiliser, on va faire appel à des infirmières parties à la retraite et on va remédier à la situation. », a-t-elle lancé. 

Elle a par ailleurs avoué qu’il s’agit de la situation qui la préoccupe le plus d’un bout à l’autre de la province actuellement. 

«Dans les autres régions du Québec, il y a une forme de stabilité et je pense que c’est parce que les gens travaillent très fort», a-t-elle dit. 

Un cinquième bris de service en l’espace d’un mois a été annoncé mardi par le Centre de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO). La situation ne sera rétablie que vendredi à 8h. 

Le député Fortin est revenu à la charge en allant jusqu’à prétendre que la situation est «tellement devenue ridicule qu’on en est rendu à céduler des césariennes et provoquer des accouchements pour que ça fitte dans le calendrier de bris de service de l’hôpital, et ensuite, on renvoie les femmes et les bébés à la maison plus tôt parce qu’il n’y a pas de personnel pour s’occuper d’eux.»

«On fait des plans d’accouchement pour une raison: pour rassurer la mère, les parents, pour enlever l’anxiété et le stress avant la naissance, mais chez nous, c’est tout le contraire en ce moment», soutient l’élu. 

Le CISSSO réfute ces allégations, affirmant qu’une césarienne ou un accouchement provoqué s’avèrent des décisions cliniques et non administratives. 

«Si jamais les mamans ont besoin d’accoucher d’urgence pendant un bris de service, les corridors de service sont établis pour qu’elles puissent le faire en toute sécurité. On travaille d’arrache-pied pour régler la situation», soutient le porte-parole Bruno Desjardins. 

M. Fortin a renchéri en citant l’exemple d’une femme qui aurait accouché dans une ambulance la semaine dernière. 

«C’est loin d’être idéal, mais ça arrive. L’accouchement s’est bien déroulé et après la naissance, l’ambulance a amené bébé et maman à l’Hôpital du Pontiac, mais arrivés sur place, surprise, l’obstétrique est fermée. [...] Tout le monde rembarque dans l’ambulance, on s’en va à Gatineau. [...] Il y a tellement de fermetures que même les ambulanciers ne comprennent plus rien», a affirmé M. Fortin.

Mme McCann a réitéré que Québec «ne ménagera pas les efforts» pour régler la problématique, par exemple en adoptant des mesures spécifiques. 

«On a là un établissement responsable; des employés, du personnel, des gestionnaires qui voient à la sécurité de ces familles, de ces mères, de ces enfants. [...] On a une situation qui a été fragilisée dans les dernières années, mais on va travailler très fort pour la rétablir», a souligné la ministre. 

Depuis le début de l’année, environ dix accouchements par mois ont lieu à l’Hôpital du Pontiac.