New York et Arlington, en Virginie, se partagent le «deuxième siège social» d’Amazon. Pour l’obtenir, les deux villes ont respectivement consenti des incitatifs directs de 1,525 milliard $US et de 573 millions $US.

New York et Arlington se partageront le nouveau siège social d’Amazon

NEW YORK — Après des mois de surenchères de mesures incitatives, le géant du commerce de détail en ligne Amazon a annoncé mardi que New York et Arlington, en Virginie, se partageraient son «deuxième siège social», communément appelé «HQ2», et ses 50 000 emplois.

Le site new-yorkais d’Amazon s’installera dans le quartier de Long Island City, dans Queens, et celui d’Arlington dans un nouveau secteur appelé National Landing - qui regroupe notamment les quartiers de Crystal City et de Pentagon City - près de l’aéroport national Reagan. 

Chaque site promet d’offrir 25 000 emplois. En outre, la société a annoncé mardi l’ouverture d’un nouveau centre de distribution à Nashville, qui créera 5000 emplois.

Amazon a déjà déclaré qu’elle pourrait consacrer plus de 5 milliards $ US à la construction de son deuxième siège social au cours des 17 prochaines années. 

Les deux sites combinés auraient à peu près la même taille que le siège actuel de la société, à Seattle, qui abrite 33 bâtiments, 23 restaurants et 40 000 employés.

New York a offert des incitatifs directs, basés sur la performance, de 1,525 milliard $ US. 

Ces incitatifs comprennent un crédit d’impôt remboursable pouvant aller jusqu’à 1,2 milliard $ US sur 10 ans, ce qui équivaut à 48 000 $ US par emploi pour 25 000 employés touchant un salaire moyen supérieur à 150 000 $ US. La Ville offre aussi une subvention en espèces de 325 millions $ US basée sur la superficie des bâtiments occupés au cours des 10 prochaines années.

Amazon, de son côté, offre à New York plus de 25 000 emplois à temps plein, un investissement de 2,5 milliards $, des installations totalisant 4 millions de pieds carrés (avec le potentiel de doubler de taille), et des recettes fiscales supplémentaires projetées de plus de 10 milliards $ US sur 20 ans.

La ville d’Arlington, en Virginie, a offert des incitatifs directs basés sur la performance de 573 millions $ US, dont une subvention en espèces de 23 millions $ US sur 15 ans basée sur la croissance supplémentaire de la taxe existante sur les chambres d’hôtel. L’État dépensera quant à lui jusqu’à 295 millions $ US pour des projets de transport, notamment la modernisation du système de métro et un pont reliant Crystal City à l’aéroport Reagan.

Amazon, de son côté, apporte plus de 25 000 emplois à temps plein avec un salaire moyen supérieur à 150 000 $ US, un investissement de 2,5 milliards $ US, des installations totalisant 4 millions de pieds carrés (avec le potentiel de doubler de taille), et des recettes fiscales supplémentaires prévues de 3,2 milliards $ US sur 20 ans.

Toronto déboutée

La décision d’Amazon met fin à une intense concurrence entre 238 villes nord-américaines.

Toronto et des municipalités environnantes faisaient partie des dizaines de villes canadiennes, dont Montréal, qui ont déployé des efforts considérables pour courtiser Amazon, mais elle était la seule à figurer parmi les 20 finalistes de la course.

Plusieurs de ces villes ont déployé des trésors d’astuces pour gagner les faveurs du géant américain. Calgary, par exemple, avait dépêché à Seattle des porte-parole de la Ville pour y dérouler une bannière de 36,5 mètres: «On ne vous dit pas qu’on se battrait contre un ours pour vous... mais on le ferait!»

D’autres concurrents canadiens, comme les villes ontariennes de Windsor et Sault Ste. Marie, avaient élaboré des offres avec des villes soeurs du Michigan en soulignant les avantages potentiels d’une «flexibilité transfrontalière».

Amazon a toutefois précisé rapidement que les incitatifs financiers, comme des allégements fiscaux et des subventions, auraient plus de poids dans sa décision. La candidature de Toronto ne contenait aucune mesure de ce type.

Le détaillant électronique a toutefois étendu son empreinte au Canada au cours des derniers mois. 

En juillet, Amazon a annoncé la création d’un centre de traitement des commandes à Ottawa et d’un autre à Caledon, en Ontario, qui créeront plus de 1400 emplois à temps plein. 

L’entreprise compte neuf entrepôts au Canada, et son pôle technologique à Vancouver est en pleine expansion.

Vue sur Long Island City

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ALEXA, COMBIEN DE SUBVENTIONS?

Amazon a négocié dur pour s’installer et devrait profiter de jusqu’à 1,525 milliard de dollars en avantages fiscaux et autres à New York et d’au moins 575 millions de dollars d’aides diverses en Virginie.

Pour son centre d’excellence dans le Tennessee, Amazon touchera jusqu’à 102 millions de dollars.

Si les responsables et élus qui ont négocié avec Amazon sont très contents du résultat, tout le monde ne partage pas leur enthousiasme.

À Long Island City en particulier, certains élus et des anciens du quartier - déjà en pleine gentrification - craignent qu’il ne devienne totalement invivable à cause de loyers trop élevés ou de transports bondés.

National Landing (connu aussi sous le nom de Crystal City), le quartier d’Arlington sur la rive du Potomac en face de la capitale américaine, est lui déjà un immense complexe de tours de verre qui mélangent bureaux et appartements.

Amazon, à l’étroit dans ses locaux de Seattle, avait annoncé en septembre 2017 chercher un emplacement pour un second siège avec la création de quelque 50.000 emplois à la clé.

Cela avait provoqué une véritable «ruée vers l’or» de dizaines de municipalités américaines qui s’étaient mises sur les rangs en vantant leurs atouts et en proposant des avantages fiscaux.

Près de 240 municipalités et zones urbaines avaient présenté un dossier. AFP

Le quartier de Crystal City, à Arlington, en Virginie