Tom Néron a été déclaré non criminellement responsable du meurtre de sa mère commis sur la rue du Paillard en janvier dernier.

Néron déclaré non criminellement responsable d’avoir tué sa mère

SHERBROOKE — Tom Néron a été déclaré non criminellement responsable d’avoir tué sa mère Arlène Girard à Sherbrooke en début d’année.

Les tristes événements se sont déroulés le 8 janvier dernier sur la rue du Paillard dans le secteur Rock Forest.


L’évaluation psychiatrique réalisée entre février et avril 2018 a révélé que Tom Néron pensait que sa famille était dans une téléréalité, qu’il y avait des caméras cachées dans sa maison qui filmaient en tout temps et que sa mère avait des caméras dans les yeux. 

L’autopsie a révélé que plusieurs coups de couteau ont été donnés à la victime dont spécifiquement aux yeux. 

Lors de son interrogatoire aux policiers à la suite de son arrestation, Tom Néron s’était dit triste de la situation. Il y mentionnait qu’il s’était chicané avec sa mère « parce qu’elle voulait contrôler sa vie ». 

« Son état de psychose l’a placé dans une perception où il ne se sentait pas en sécurité et la seule issue pour lui était de mettre fin aux jours de sa mère », explique la procureure aux poursuites criminelles Me Émilie Baril-Côté.

Le juge Charles Ouellet de la Cour supérieure a déterminé, vendredi au palais de justice de Sherbrooke, que Tom Néron devait être déclaré non criminellement responsable pour troubles mentaux du meurtre de sa mère en vertu de l’article 16 du Code criminel. 

La procureure aux poursuites criminelles a consenti à la thèse soulevée par les psychiatres qui ont évalué Tom Néron relativement au moment où il a asséné des coups de couteau mortels à sa mère Arlène Girard.

« Après avoir étudié à nouveau les faits du dossier en regard du rapport psychiatrique, nous en sommes venus à la conclusion que c’était bel et bien un verdict auquel nous pouvions convenir », explique Me Baril-Côté.

Détenu en psychiatrie légale

Tom Néron est diagnostiqué schizophrène depuis qu’il est âgé de 19 ans. Il était en état de psychose non contrôlée lorsqu’il a commis les gestes irréparables.

L’avocat de la défense Me Marc-André Champagne de l’aide juridique soulevait cette défense de non-responsabilité criminelle pour troubles mentaux depuis plusieurs mois.

Tom Néron demeure détenu au département de psychiatrie légale du CHUS en attendant son audition devant la commission des troubles mentaux du tribunal administratif du Québec (TAQ).

« La famille de mon client était présente au tribunal. Ils ont appris certaines choses concernant les faits. Ils ont des questions dont ils n’ont pas encore les réponses. Ils doivent rencontrer le CAVAC et les policiers à ce sujet. Au TAQ, ils en apprendront certainement davantage concernant l’état de Tom. », explique Me Champagne. 

Tom Néron était accroupi dans le bas des marches, les mains en sang lorsque les policiers sont arrivés sur la rue Paillard en janvier dernier. 

Il a collaboré avec eux en indiquant où se trouvait l’arme du crime près du corps de sa mère qu’il avait déplacé.

Dès le départ, les policiers sont informés par le père que Tom Néron est schizophrène et ce n’était pas la première fois qu’il faisait une psychose.

« Tom Néron prenait ses médicaments et ne consommait aucune drogue ou alcool lors des événements. La maladie a quand même évolué pour mener à ces gestes malgré la prise quotidienne de sa médication », signale l’avocat de la défense.

Arlène Girard était mère de dix enfants et Tom Néron était l’aîné.

Évolution du dossier

En mai dernier, Tom Néron avait été déclaré inapte à subir son procès par le tribunal. Après sa détention en psychiatrie, le corps médical a trouvé un médicament en Europe qui a permis que Tom Néron devienne apte en juillet.

Tom Néron a subi une évaluation sur la responsabilité criminelle après qu’il ait asséné des coups de couteau mortels à sa mère. Cette évaluation avait été demandée conjointement par la défense et la poursuite à la suite du dépôt des accusations. Elle concluait à sa non-responsabilité criminelle au moment des faits.

Selon ce rapport psychiatrique, Tom Néron présentait des symptômes de psychose, soit des délires religieux. Il avait des besoins de lire plusieurs bibles pour comparer les religions. Son délire s’est étendu à l’Hôtel-Dieu où on l’a évalué, à cause du nom de l’hôpital.

La poursuite avait sollicité l’avis d’un troisième expert en septembre dernier, mais cette évaluation n’a pas été faite. La poursuite a accepté la défense selon l’article 16 du Code criminel qui a mené au règlement du dossier devant le tribunal.

Tom Néron sera réévalué chaque année devant le TAQ en fonction de l’évolution de sa maladie.

« Selon l’information que je possède, Tom évolue très bien en psychiatrie et présente un comportement irréprochable. Le TAQ va devoir se poser la question si l’on peut passer à une étape autre que celle de la détection comme des sorties accompagnées ou des permissions pour aller dans des ressources externes. Pour l’instant, il demeure en détention à l’hôpital », assure Me Champagne.