Au palais de justice de Gatineau, le procès d’un Gatinois de 52 ans accusé de négligence criminelle causant la mort tire à sa fin.

Négligence criminelle causant la mort: des enfants sermonnés et debout pendant des heures

Pendant deux à trois heures, un homme sermonnait les enfants sous sa garde légale, forcés de rester debout, dans une maison apparemment sans histoire, à Gatineau. L’exception s’est produite lorsqu’un des enfants, terriblement blessés à un genou, ne pouvait plus tenir sur ses deux jambes. L’enfant est décédé le 30 août 2017, et son père, accusé de négligence criminelle causant la mort.

Le procès de l’homme de 52 ans tire à sa fin, au palais de justice de Gatineau.

En plus du chef de négligence criminelle causant la mort, le suspect est accusé de séquestration par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Les enfants allèguent qu’ils ne pouvaient pas sortir de la résidence, sauf en de rares exceptions.

L’identité de l'accusé ne peut être révélée, puisque cela identifierait ses deux autres enfants, témoins des gestes allégués par le DPCP.

Les deux enfants survivants ont poursuivi leurs témoignages devant le juge Mark Philippe, mardi.

Le calvaire des enfants, décrit par le DPCP, a été porté aux oreilles des autorités à la fin de l’été 2017.

L’un d’eux, qui venait d’atteindre la majorité, est décédé des suites du syndrome des loges, résultant de ce qui semblait être une blessure à un genou subie en mai 2017, de trois à quatre mois avant son décès.

Selon la Couronne, l’homme a été négligent en évitant de le transporter à l’hôpital.

D’ailleurs, l’homme réfute la paternité de ce même enfant, qui serait en fait celui d’un frère. Son statut est vague, même pour les enfants.

Il semble que l’accusé, réfugié congolais, craignait que les enfants sortent à l’extérieur, de peur que son dossier présumément irrégulier attire les autorités.

En 2017, Le Droit rapportait que la victime était blessée depuis des mois avant sa mort. La Couronne, qui a déposé un chef de séquestration, soutient que l’homme a empêché l’enfant de se rendre à l’hôpital.

L’avocat de la défense, Me Jacques Belley, ne croit pas à la thèse de la séquestration.

Les enfants disent pour leur part avoir été privés de nourriture en guise punition, et confinés dans leur chambre entre 2016 et 2017.

L’aîné des enfants a raconté que les siens risquaient d’être punis s’ils sortaient sans autorisation, même pour aller à l’hôpital. « Il pouvait faire des monologues de deux ou trois heures, alors qu’on était allongés sur le mur, debout », a-t-il raconté.

De retour d’un séjour à Montréal, la victime a perdu conscience, et cessé de respirer, à la résidence du secteur Gatineau. Son décès a été constaté à l’hôpital.