Après avoir écarté de son chemin le surprenant Marco Cecchinato en demi-finale, un défi de taille attend Dominic Thiem (photo) dimanche : un duel au sommet contre Rafael Nadal, roi incontesté de Roland-Garros, qui a remporté les 10 finales qu’il a disputées sur la terre battue parisienne.

Nadal et Thiem en finale à Roland-Garros

PARIS — Comme chaque année ou presque début juin, Rafael Nadal est au rendez-vous de la finale de Roland-Garros. Seul Dominic Thiem sépare encore l’Espagnol d’un 11e sacre historique.

Pour accéder à sa toute première finale en Grand Chelem, Thiem (8e mondial) a mis fin à l’aventure de l’invité-surprise Marco Cecchinato (72e au monde ) en trois sets de 7-5, 7-6 (10) et 6-1. Nadal, lui, a joué les bourreaux contre l’Argentin Juan Martin del Potro, qui n’a tenu le rythme que le temps d’un set (6-4, 6-1, 6-2).

Thiem, c’est un peu la seule épine dans le pied de Nadal sur terre battue. L’Autrichien de 24 ans est l’unique joueur à l’avoir dominé sur ocre ces deux dernières saisons, une fois en 2017 et une fois en 2018. C’est ce qui fera le sel de la finale dimanche, la 11e du Majorquin à Paris en 14 participations depuis 2005.

«Il est un joueur extraordinaire», a loué le no 1 mondial, qui n’a jamais perdu une finale sur la terre battue parisienne. «Il est un joueur qui possède beaucoup de puissance. Il joue avec confiance... Je sais que je devrai offrir mon meilleur niveau de jeu. Je sais que je dois m’améliorer un peu. Ce sera dur, mais je serai prêt.»

Comme Federer

Nadal présente un dossier de 85-2 en carrière à Roland-Garros, incluant dix victoires en finale, un record. «Il est le grand favori contre tout le monde, a observé Thiem. Toutefois, je sais comment jouer contre lui. J’ai un plan.»

Il en aura besoin, car tout roule pour Nadal. Il n’a perdu qu’un set — son premier depuis 2015 — pour se hisser en finale. C’était face à l’Argentin Diego Schwartzman (12e) en quarts (6-4 au premier set). Et il est devenu vendredi seulement le deuxième joueur depuis 1968, début de l’ère professionnelle, à atteindre 11 fois la finale d’un même tournoi du Grand Chelem. Le Suisse Roger Federer est l’autre, à Wimbledon.

«Ce serait de l’arrogance de penser que tout cela est normal. Je dois surtout profiter de ce qui m’arrive», a estimé l’Espagnol de 32 ans. 

Quant à Thiem, il restait sur deux échecs en demi-finale Porte d’Auteuil : l’année dernière, contre Nadal (6-3, 6-4 et 6-0) et il y a deux ans contre Novak Djokovic (6-2, 6-1 et 6-4). «Contre Rafa, ce n’est pas moi qui aurai le plus de pression», a estimé l’Autrichien, félicité par son compatriote Thomas Muster, seul Autrichien titré en Grand Chelem à Paris (1995).

Thiem est sorti de sa réserve habituelle quand il a été question d’aborder son service militaire. «C’était casse-couilles», a dit le protégé de Gunther Bresnik qui, grâce à son statut de sportif de haut niveau, n’avait effectué que quatre semaines au lieu des six mois obligatoires dans son pays.

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«MADAME 100 %» SUR LA ROUTE DE HALEP

Sa quatrième finale en Grand chelem sera-t-elle enfin la bonne pour la no 1 mondiale Simona Halep? Pas sûr, car sur sa route se dresse samedi «Madame 100 %».

Sloane Stephens a en effet disputé six finales et les a toutes gagnées. Mais selon l’Américaine de 25 ans, amatrice de glaces — surtout celles aux noix de macadamia —, «il n’y pas de recette». «J’ai eu de bonnes occasions dans les finales, je les ai saisies. J’ai bien joué, j’ai été solide. Je crois qu’une fois que je suis lancée dans un tournoi, je suis assez constante», a expliqué la 10e mondiale après son succès devant son amie américaine Madison Keys, jeudi.

Halep a une fiche de 5-2 contre Stephens, dont quatre victoires à leurs quatre derniers affrontements. La finaliste en titre n’a toutefois pas la même réussite dans les matchs importants. La Roumaine de 26 ans a même une fâcheuse tendance à flancher, comme l’an passé à Paris.

Elle avait remporté le premier set puis s’était procurée trois balles de double bris à 3-0 dans le deuxième, avant que l’invitée-surprise, la Lettone Jelena Ostapenko, ne renverse la situation. Elle avait également perdu en trois sets ses deux autres finales majeures face à Maria Sharapova (Roland-Garros en 2014) et Caroline Wozniacki (Internationaux d’Australie en 2018).

Quand les questions ont porté sur ces souvenirs douloureux, Halep a d’abord tenté de les esquiver en riant. «Peut-on changer de sujet? Parlons plutôt de ce beau temps.» Plus sérieusement, elle a assuré se sentir «bien» et «heureuse» à l’approche de l’épilogue parisien. «Tout le travail entrepris après Melbourne a porté ses fruits. C’est grâce à cela que j’en suis arrivée là.»

Le chiffre huit lui portera-t-il chance? Quand elle a remporté le trophée chez les juniors, c’était en 2008. Lorsque Virginia Ruzici, son agent, est devenue la première et seule Roumaine à ce jour à gagner Roland-Garros, c’était aussi une année en huit : 1978.  AFP et AP

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LA FIN DU BEAU PARCOURS DE FERNANDEZ

La belle aventure de Leylah Annie Fernandez aux Internationaux de tennis de France s’est terminée au seuil de la finale. La Lavalloise de 15 ans a été éliminée en demi-finale du simple fille vendredi, s’inclinant 6-4 et 6-3 face à l’Américaine Cori Gauff. Après quatre matchs où elle avait converti 60,5 % de ses chances de bris, Fernandez (15e tête de série) a été limitée à trois bris en sept tentatives contre la 16e tête de série du tableau du simple filles. Eugenie Bouchard est la seule Canadienne de l’histoire à avoir remporté un tournoi junior. C’était à Wimbledon, en 2012. À moins d’accidents de parcours ou de blessures, Fernandez sera d’ailleurs présente à la quinzaine londonienne.  
D’après La Presse canadienne