Un homme porte l'urne de Rosalie Gagnon après la cérémonie.

Mort de Rosalie: plaidoyer pour plus de ressources en santé mentale

Convaincue que des «incidences» de santé mentale et de toxicomanie se cachent derrière le triste sort qu’a subi Rosalie Gagnon, Solange Pelland, directrice des opérations funéraires chez Harmonia, a plaidé samedi pour davantage de ressources pour cette «enfant pauvre» du réseau de la santé, à l'occasion des funérailles de la fillette de deux ans.

Audrey Gagnon, la mère de Rosalie, est accusée du meurtre non prémédité de son enfant et d'outrage à un cadavre. Détenue, elle n’a évidemment pas assisté à la cérémonie des anges tenue samedi matin pour sa fille, à l’église Saint-Rodrigue. Elle est la seule suspecte dans cette histoire et doit revenir en cour le 13 juin.

LIRE AUSSI Dernier hommage à la petite Rosalie Gagnon

Depuis le jour du drame, le 18 avril, plusieurs témoignages recueillis par les médias pointent vers le fait que l’accusée était aux prises avec des problèmes de toxicomanie.

Solange Pelland, touchée au cœur et très engagée dans le dossier de Rosalie, a qualifié samedi la santé mentale «d’enfant pauvre» du système de santé. «Il est clair que dans cette situation dramatique, il y a eu des incidences de santé mentale et de toxicomanie», a-t-elle dit en mêlée de presse, après les funérailles. «Qui peut penser, sincèrement, qu’une jeune mère de 23 ans puisse faire ça à son enfant s’il n’y a pas d’éléments comme ceux-là?»

Désignée en quelque sorte porte-parole de la famille Gagnon, Mme Pelland a pris soin de clarifier une chose. «Je n’essaie pas de l’excuser [Audrey Gagnon], je ne suis pas une avocate de la défense», a-t-elle insisté. Mais selon elle, «il est temps qu’on agisse tous ensemble et qu’on protège les gens les plus vulnérables au lieu de les exclure».

Elle avait abordé la même thématique dans son discours prononcé durant la cérémonie funéraire. «Créons un grand mouvement pour qu’il n’y ait jamais une autre Rosalie», a-t-elle lancé, plaidant pour des soins en santé mentale et en toxicomanie «plus développés, plus accessibles».

La petite Rosalie a été portée à son dernier repos, samedi.

Pas de charité

Solange Pelland a profité de son échange avec les journalistes pour «rectifier» certains faits, et ce, pour un deuxième samedi consécutif.

Elle a martelé que la famille n’avait «pas demandé la charité» et n’avait autorisé aucune collecte de fonds pour payer les obsèques de l’enfant. Les fonds qui lui seront transmis iront directement au Centre de pédiatrie sociale de Québec, a-t-elle indiqué.

Elle a également tenu à rappeler que la famille, à commencer par le grand-oncle Steeve Gagnon, était présente et prête à payer pour les funérailles de la petite, contrairement à ce que certaines informations véhiculées ont pu laisser entendre.

On pouvait par ailleurs comprendre par ses propos de samedi que personne dans l’entourage immédiat de l’enfant ne pouvait s’en charger. «Le papa ne sait même pas qu’il est le père de Rosalie», a-t-elle dit, alors que la grand-maman est hospitalisée.

L’oncle et la famille élargie n’avaient «pas d’obligation immédiate» de s’en charger, a-t-elle défendu. Et pourtant ils étaient là depuis le début, a-t-elle affirmé. «M. Gagnon s’est impliqué à tous les instants. J’ai senti son appui, sa collaboration à tous les niveaux. Vraiment, j’ai eu affaire à des gens extraordinaires à qui j’étais heureuse de donner du temps.»

Les frais des funérailles de la petite seront assumés par le programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels, a par ailleurs précisé Mme Pelland.