Le crucifix est dans la salle du conseil municipal de Montréal depuis plus de 80 ans.

Montréal retire son crucifix, Québec garde le sien

La Ville de Québec n’imitera pas Montréal et conservera son crucifix dans l’enceinte du conseil municipal.

«Monsieur le maire l’a dit a plusieurs reprises. C’est un aspect patrimonial dans la salle du conseil et on n’a pas l’intention de le retirer.  À date, personne ne nous en parle», a déclaré le conseiller Rémy Normand, mercredi, en l’absence du maire à une séance du conseil d’agglomération. 

«Il n’y a pas d’enjeu selon nous. La décision est prise et on va s’y conformer à moins qu’on reparte un grand débat», a-t-il ajouté.

À Montréal, le symbole religieux sera retiré dans le cadre de rénovations qui dureront trois ans à l’hôtel de ville, mais ne sera pas réinstallé par la suite, a-t-on expliqué lors d’une séance du comité exécutif.

La conseillère Laurence Lavigne Lalonde a rappelé que le crucifix, installé en 1937 par l’échevin Joseph-Émile Dubreuil, avait été mis en place dans une époque bien différente de celle d’aujourd’hui.

L’objectif, a-t-elle raconté, était alors que les élus se souviennent du serment qu’ils avaient prêté devant Dieu en entrant en poste, donc tout au long de leurs travaux.

«Je pense qu’il y a consensus quand on dit que le contexte a changé aujourd’hui. On vit maintenant dans une société qui a énormément évolué et qui est représentée par des institutions qui sont démocratiques, qui se doivent d’être laïques, d’être neutres et d’être ouvertes à l’ensemble des citoyens et des citoyennes. C’est pour cette raison-là que le crucifix va être enlevé et qu’il ne sera pas réinstallé dans la salle du conseil à notre retour dans l’hôtel de ville», a-t-elle noté.

Le crucifix ne disparaîtra pas de l’hôtel de ville. Un espace muséal sera en effet créé afin de mettre en valeur les collections de la Ville, qui incluent les archives et les cadeaux protocolaires, par exemple. C’est à cet endroit que les visiteurs pourront observer le crucifix.

Ce n’est pas la première fois que la place de la religion dans les institutions a fait l’objet de discussions à Montréal. En 1987, l’administration du maire Jean Doré avait aboli la prière à l’ouverture des séances du conseil. Il avait également été question de retirer le crucifix de la salle en 1992, mais il était finalement resté en place.

«Dossier de la laïcité»

Québec n’est pas seul à garder son crucifix. L’ancien gouvernement comme l’actuel ont indiqué que celui accroché à l’Assemblée nationale en 1936 y restera.

Invité à commenter la décision de Montréal mercredi, le premier ministre François Legault a indiqué que le cas du crucifix s’inscrivait «dans le dossier de la laïcité». «Il faut que tout le monde fasse des compromis. On va regarder les positions des différentes personnes au caucus, on va vous revenir», a-t-il nuancé.  Avec La Presse canadienne