Le Granbyen Maxime Pivin et son fils Ollie sont parmi les premiers utilisateurs de la nouvelle pompe à insuline automatisée.

Mieux vivre avec le diabète grâce à la technologie

On n’arrête pas le progrès, dit-on. Maxime Pivin et son fils Ollie, tous deux diabétiques, en sont témoins. L’homme et le jeune garçon sont parmi les premiers Canadiens qui peuvent contrôler plus précisément leur taux de glycémie en utilisant une pompe qui ajuste automatiquement la quantité d’insuline en temps réel. Une révolution qui change leur vie au quotidien.

Maxime Pivin a été diagnostiqué diabétique à l’adolescence, il y a 25 ans. Au fil du temps, il a eu recours à une panoplie d’équipements pour gérer son taux de glucose dans le sang. Sa nouvelle pompe à insuline est ainsi arrivée comme une « bouffée d’air frais » dans sa vie en janvier dernier.

« C’est carrément la liberté. Faire du sport et une foule d’autres activités était complexe. Avec le nouveau dispositif, il n’y a plus de stress pour maintenir le taux de sucre », a expliqué le Granbyen, un infirmier de formation, qui a déjà travaillé durant près de cinq ans pour Medtronic, le fabricant de l’appareil.

De son côté, Ollie a développé la maladie auto-immune, qui est mortelle sans traitement, à l’âge de cinq ans. Il a aujourd’hui neuf ans. L’inquiétude de son père a descendu d’un cran depuis qu’il utilise la même pompe autoajustable que lui.

« Même si on contrôlait assez bien notre glycémie, il y a toujours une part de stress, car le sport fait beaucoup varier le taux de sucre. Pour un enfant qui bouge et qui a chaud, les tremblements peuvent passer inaperçus s’il ne s’arrête pas pour les ressentir. Quand l’état de faiblesse est présent, il est déjà trop tard pour réagir. Maintenant, c’est presque totalement chose du passé », a indiqué M. Pivin.

En fait, l’appareil novateur qu’utilise le duo, destiné aux diabétiques de type 1, permet de prendre des centaines de relevés de glycémie quotidiennement. Le dispositif est principalement constitué d’une pompe à insuline, d’un transmetteur et d’un capteur.

Ce dernier doit être remplacé chaque semaine. L’ensemble des composants interagit par radiofréquences afin de stabiliser le taux de glucose de l’utilisateur 24 heures sur 24. Selon la compagnie, « le système imite certaines fonctions du pancréas sain et diminue le nombre d’interactions requises du patient. »

Convivialité

Outre sa précision, le système adopté par Maxime Pivin pour contrôler sa glycémie est beaucoup moins « invasif » que ce qu’il avait déjà utilisé dans le passé.

« Quand j’ai commencé une thérapie à l’insuline, on devait établir notre alimentation en fonction d’une quantité déterminée de glucides. Ensuite sont arrivées les injections par doses ultrarapides. Mais ça demeurait toujours aléatoire », s’est-il remémoré.

Le Dr Rémi Rabasa-Lhoret, directeur de la clinique de diabète, du laboratoire des maladies métaboliques et de la plateforme de recherche pour le diabète et l’obésité à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), qualifie le nouvel équipement « d’avancée majeure ». « C’est ni plus ni moins que le début de l’automatisation de l’administration de l’insuline », souligne-t-il.

La technologie a toutefois ses limites. « Pour l’instant, ça nécessite beaucoup de procédures de sécurité qui rendent l’utilisation de l’appareil moins conviviale. [...] C’est en permanence de l’ajustement et de l’anticipation en fonction de ce que l’on fait. [...] Un peu comme pour le Titanic, les patients atteints de diabète naviguent entre les icebergs », a imagé le chercheur, qui a par ailleurs vendu un brevet à un compétiteur de Medtronic.

Selon le spécialiste, les utilisateurs de la pompe automatique ont en moyenne 6 à 10 interactions quotidiennes avec l’appareil, notamment lors des repas, pour s’assurer du dosage adéquat de leur médication.

Ce qu’a corroboré Maxime Pivin. « La pompe a beau nous offrir beaucoup, il n’en reste pas moins que, malgré toute l’intelligence de ce dispositif, on doit garder la vigilance humaine », a-t-il concédé.

Coût

La facture de ce système novateur du traitement du diabète est à prendre en considération. À elle seule, la pompe à insuline automatisée coûte environ 7000 $. Les utilisateurs doivent également débourser près de 800 $ pour le transmetteur, tandis que les capteurs, à remplacer toutes les semaines, valent une soixantaine de dollars chacun. À cela s’ajoutent les équipements connexes (réservoirs à insuline et cathéters, entre autres), pour lesquels il faut payer approximativement 300 $ par mois.

Plusieurs assureurs couvrent en partie les frais de ces équipements. Or, si un jeune (18 ans et moins) commence des traitements à l’insuline, le gouvernement va payer la pompe « pour le restant de sa vie », a indiqué le Dr Rabasa-Lhoret. Une règle qui devrait s’appliquer aussi aux adultes, clame Maxime Pivin. « Plus on peut prévenir les complications du diabète à long terme, moins ça amène d’hospitalisations. Ça permet aussi de libérer des places en dialyse pour les patients qui ont des atteintes rénales. »