Monique Goulet a commandité le meurtre de son ex-conjoint, assassiné en 1985.

Meurtre en 1985: la Gatinoise Monique Goulet veut alléger sa peine

Une Gatinoise emprisonnée à perpétuité pour avoir commandité le meurtre de son ex-conjoint en 1985 veut obtenir une réduction de sa peine.

Monique Goulet (anciennement Fournier) a été condamnée à la prison à vie en 2004 après qu’un jury l’ait déclarée coupable du meurtre prémédité de Michel Fournier.

À 74 ans, Mme Goulet veut aujourd’hui convaincre un autre jury qu’elle peut passer ses derniers jours en liberté.

La révision judiciaire se déroule cette semaine devant un jury composé de huit hommes et quatre femmes au palais de justice de Laval.

Condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans à partir de son arrestation (le 11 avril 2002), Monique Goulet voudrait voir cette limite abaissée à 16 ans, ce qui correspondrait au mois d’avril 2018. Elle pourrait, si la requête est accueillie, faire sa demande sans attendre 2027.

Laval

Le tribunal a décidé cet hiver que cette affaire se déroulerait dans une autre région que l’Outaouais, en raison du manque de disponibilité de salles à Gatineau.

Dans le jargon, un tel changement de district judiciaire est appelé un changement de venue.

Ce sera d’abord à la défense, représentée par Me Sandra Brouillette, de présenter sa preuve.

Le tribunal peut accepter ou refuser d’amoindrir une sentence en étudiant certains facteurs, comme l’âge de la détenue, son caractère, son comportement en détention, la nature du crime et les témoignages de la famille de la victime.

La juge de la Cour supérieure France Charbonneau préside l’audience. Le ministère public est représenté par Me Isabelle Bouchard, de Gatineau.

1985

Le meurtre de Michel Fournier n’avait été que partiellement élucidé avec l’arrestation et la condamnation des « hommes de main » de la commanditaire au début des années 2000. Monique Goulet avait réussi à éviter toute accusation pendant 17 ans, jusqu’à ce que la police de Gatineau puisse assembler les derniers morceaux du casse-tête qui allaient dépeindre le tableau d’un complot sanglant.

Au terme du procès, en février 2004, le jury a donné raison à l’hypothèse de la Couronne voulant que la dame eût demandé à son amant d’alors, Robert Lagacé, de dénicher un individu qui accepterait d’abattre son mari afin de toucher la prime d’assurance de 145 000 $ sur la vie de Michel Fournier.

La valeur du contrat était de 10 000 $.

Robert Lagacé a demandé à un ami, Michel Chénier, qui, lui, avait donné le contrat à Pierre Joanisse.

Selon l’enquête policière, c’est Pierre Joanisse qui s’est présenté le soir du 22 septembre 1985 à l’église Notre-Dame de La Guadeloupe (secteur Hull), pour ouvrir le feu sur Michel Fournier.

La victime, qui travaillait comme disque-jockey, était en train de ranger son équipement de discothèque mobile en fin de soirée.

MM. Lagacé et Chénier ont purgé 10 ans de pénitencier pour meurtre non prémédité alors que Pierre Joanisse a reçu une sentence de 11 ans pour homicide involontaire.