La famille et les amis de Marylène Lévesque ont lancé une campagne de sociofinancement sur la plateforme 1DG intitulée «À la mémoire de Marylène Lévesque».
La famille et les amis de Marylène Lévesque ont lancé une campagne de sociofinancement sur la plateforme 1DG intitulée «À la mémoire de Marylène Lévesque».

Meurtre de Marylène Lévesque: «On n’a rien pour l’enterrer»

Les proches de Marylène Lévesque, tuée mercredi dernier dans un hôtel de Sainte-Foy, se mobilisent pour financer ses funérailles.

Tard lundi soir, sa famille et ses amis ont lancé une campagne de sociofinancement sur la plateforme 1DG intitulée «À la mémoire de Marylène Lévesque». Tous les fonds serviront à payer les funérailles et, s’il y a un surplus, il sera remis à l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD).

«On n’a pas le choix. On n’a rien pour l’enterrer», dit Max Lance, un ami de Marylène Lévesque et un des initiateurs de la campagne avec l’amoureux de la défunte, Gabriel Truchon, et ses amies Arianne Garneau et Mia Gravel.

«Il y a plein de monde qui, même s’ils ne la connaissent pas, voudraient lui dire adieu. On ne veut pas juste louer un local miteux avec une chandelle à côté de sa photo. On ne peut pas faire ça», ajoute M. Lance.

Des membres de la famille et des amis de la défunte ont offert de payer une partie des funérailles, mais les sommes rassemblées jusqu’ici sont loin d’être suffisantes.

«Comme les indemnités d’assurance-vie ne sont pas suffisantes, il en revient à nous, membres de la famille et ami[es], de débourser pour les frais. Comme c’est insuffisant, nous demandons l’aide de la population afin de lui offrir un hommage digne de sa personne», peut-on lire sur le site de la campagne.

Les coûts pourraient être d’autant plus importants qu’il est possible que deux cérémonies funéraires soient tenues : une au Saguenay, où vit la famille de Marylène Lévesque, et une à Québec, où habitent bon nombre de ses amis, indique M. Lance.

Remboursement de l’IVAC?

Au Québec, le prix moyen des funérailles s’élève à 6363 $, selon la plus récente compilation de la Fédération des coopératives funéraires du Québec (2017). 

Les proches qui paieront les frais funéraires de Marylène Lévesque pourraient aussi compter sur une aide du gouvernement du Québec. Celui-ci verse une prestation de décès de 2500 $ à une personne décédée si elle a suffisamment cotisé au Régime de rentes du Québec.

Le programme gouvernemental d’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) pourrait aussi acquitter les frais funéraires de Marylène Lévesque jusqu’à concurrence de 5000 $.

Mais l’IVAC pourrait refuser ce remboursement en vertu d’un article de loi qui ne l’accorde pas si «la victime a, par sa faute lourde, contribué à ses blessures ou à sa mort», remarque le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, qui a fondé l’APFAD en 2002.

«Pas criminel»

Or, «ce que Marylène pratiquait comme activité, ce n’est pas criminel», dit M. Boisvenu. Depuis l’adoption de la loi C-36, en 2014, les personnes qui offrent leurs propres services sexuels moyennant rétribution bénéficient d’une immunité en matière de poursuites, fait valoir le sénateur. C’est plutôt l’achat de services sexuels qui est criminel.

Pierre-Hugues Boisvenu, qui est en contact quotidien avec des proches de Marylène Lévesque, va aussi surveiller attentivement les conclusions du groupe d’enquêteurs du Service correctionnel du Canada qui tentera de faire la lumière sur les circonstances du meurtre de la jeune femme par un assassin qui avait obtenu une semi-liberté et avait le droit de rencontrer des femmes «seulement afin de répondre à [ses] besoins sexuels».

«Si l’enquête démontre une faute grave, le ministre [fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair] aura la responsabilité d’indemniser la famille», dit M. Boisvenu.

Ces sommes restent néanmoins hypothétiques et les proches de Marylène Lévesque doivent organiser les funérailles entre-temps. Mardi après-midi, plus de 120 personnes avaient contribué à la campagne de sociofinancement, qui avait déjà permis de récolter plus de 4850 $.