Le psychiatre Pierre Mailloux.
Le psychiatre Pierre Mailloux.

Mégadoses d’antipsychotiques: le Doc Mailloux revient à la charge

Québec — Estimant que la science a démontré l’efficacité des mégadoses d’antipsychotique dans le traitement de la schizophrénie, le psychiatre Pierre Mailloux revient à la charge. Le Doc Mailoux s’est à nouveau adressé au tribunal mardi, car il souhaite que le Collège des médecins actualise ses lignes directrices concernant la prescription des mégadoses d’antipsychotiques.

Le psychiatre Pierre Mailloux a demandé mardi au palais de justice de Québec la permission d’en appeler du jugement rendu par le juge Jacques Babin de la Cour supérieure le 4 novembre dernier. Ce dernier avait rejeté la demande du Doc Mailloux qui souhaitait forcer le Collège des médecins à se prononcer sur les prescriptions de neuroleptiques. Le Collège doit, selon le psychiatre de la région, «actualiser» ses lignes directrices sur les prescriptions d’antipsychotiques.

«Les lignes directrices datent de 1999 concernant les mégadoses. C’est avec elles qu’ils m’ont condamné et m’ont radié sept fois pour un total de 21 mois. Et j’ai dû débourser 125 000 $ en amendes et en frais au Collège. Ça m’a coûté un bras», lance en entrevue le Doc Mailloux.

«Et j’ai obtenu deux jugements favorables. Pas un jugement, mais deux de la Cour d’appel dans les dossiers disciplinaires pour les doses élevées et l’utilisation de plus d’un antipsychotique chez un individu. Et au printemps, j’ai gagné lorsque j’ai demandé que soit levée la limitation permanente de pratiquer auprès des adolescents.»

Le psychiatre affirme que depuis que les lignes directrices du Collège des médecins ont été établies en 1999, la science a évolué et démontre maintenant l’efficacité des mégadoses d’antipsychotiques. «Si j’avais été à la place du Collège des médecins, j’aurais actualisé ces maudites lignes directrices. Nous sommes en science, nous sommes en psychiatrie. C’est sérieux», soutient le psychiatre qui cite une récente étude menée en Finlande qui se base sur l’ensemble des traitements octroyés aux patients.

«La Finlande rend publics les dossiers psychiatriques de tous les patients, en ce qui a trait aux diagnostics et aux traitements. Le deuxième meilleur traitement pour les cas de schizophrénie au monde, je l’applique depuis 40 ans. [...] La pression sur le Collège commence à être forte.»

Lorsqu’il s’est présenté devant le comité de discipline du Collège des médecins en mai 2019, le Doc Mailloux a présenté les résultats de cette étude. «Lorsque j’ai amené ça, ils ont ravalé leur gomme», dit-il.

Le psychiatre de Trois-Rivières estime même avoir toujours été un précurseur avec ses traitements des psychoses lorsqu’il combine des injections d’antipsychotiques et des médicaments pris oralement. «Je suis un psychiatre avant-gardiste. Je ne suis pas un psychiatre délinquant», soutient-il.

Le juge Jocelyn Rancourt a pris mardi la cause en délibéré. Sa décision est attendue dans les prochains jours.