Les membres de La Meute et d'autres groupes anti-immigration ont voulu lancer un message clair au gouvernement de Justin Trudeau.

Manif de la droite à Ottawa contre le Pacte pour les migrations

Une coalition de groupes de droite s'est rassemblée sur la colline parlementaire à Ottawa, samedi matin, pour dénoncer la signature prochaine par le Canada du Pacte mondial pour les migrations des Nations unies.

Quittant le terrain de la Cour suprême du Canada pour se rendre jusqu’au parlement, les manifestants anti-immigration — environ 250 — étaient attendus de pied ferme par un groupe de contre-manifestants, dont certains transportaient des drapeaux d’ANTIFA-Canada.

Les esprits se sont quelque peu échauffés et neuf personnes ont été arrêtées. «Huit personnes ont été libérées et une personne a été référée au Service de police d’Ottawa», souligne le chef de cabinet auprès de la directrice du Service de protection parlementaire, Joseph Law, dans un courriel.

Le Service de police d'Ottawa confirme qu'un manifestant devra faire face à la justice pour avoir agressé un agent de la Gendarmerie royale du Canada. Il a été libéré sous promesse de comparaître.

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Les forces de l’ordre ont séparé les deux groupes et ont placé les manifestants anti-immigration à l’intérieur de barrières pour leur permettre de poursuivre leur geste de contestation sans conflit.

Neuf personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'affrontement entre des manifestants anti-immigration et des contre-manifestants d'ANTIFA Canada.

Plusieurs d’entre eux se sont toutefois placés aux abords de ces clôtures pour narguer les représentants d’ANTIFA. Les insultes pleuvaient. D’un côté, on est traité de «racistes» et de «Nazis». De l’autre, on est accusé d’être des «communistes» et des «traîtres».

Pas «d’association idéologique»

Bien qu’une quinzaine d’autres groupes, incluant le Storm Alliance, ait été représentée à Ottawa samedi matin, le porte-parole de La Meute, Sylvain Brouillette, s’est distancé de ces autres rassemblements citoyens, affirmant qu’il ne s’agit pas d’une «association idéologique de tout ce que les groupes prônent».

Il insiste, l’union des forces n’est valide pour une seule idée: celle de rejeter le Pacte mondial pour les migrations de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Une fois les deux groupes aux visions opposées séparés, les manifestants contre le Pacte mondial pour les migrations de l'ONU ont nargué les représentants d'ANTIFA.

«À partir du moment où on s’engage à respecter le pacte, on pense qu’on laisse une partie de notre souveraineté à un gouvernement mondialiste de l’ONU qui n’a pas été élu par le peuple. C’est un danger», soutient M. Brouillette.

La Meute croit que le Canada n’a pas besoin de cette entente puisque les politiques d’immigration au Canada fonctionnent généralement bien. Selon lui, en signant ce Pacte, le gouvernement fédéral serait forcé de revoir en partie sa façon d’approcher l’immigration, soit de favoriser l’intégration par la promotion des différentes cultures et de «considérer que toutes les cultures sont égales».

«On n’est pas d’accord avec ça. Si toutes les cultures étaient égales, ça irait aussi bien partout dans le monde qu’au Canada», affirme Sylvain Brouillette.

Initialement, La Meute annonçait que le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, prendrait la parole dans le cadre de cette manifestation sur la colline parlementaire. M. Bernier ne s’est toutefois pas présenté. M. Brouillette croit que l’ex-candidat à la chefferie du Parti conservateur a entendu des rumeurs selon lesquelles des groupes d’extrême-droite se joindraient à la mobilisation. L’élu de Beauce ne voulait pas être associé à ceux-ci.

«Les gens sont là pour supporter sa pétition — e-1906 qui demande à ce que le Canada se retire du Pacte mondial pour les migrations —, mais il n’est pas là ce matin. Je pense qu’il fait preuve d’un manque de courage et s’il veut continuer dans cette veine-là, je regrette M. Bernier, mais vous êtes comme tous les autres politiciens.»