Trois enfants âgés de 1, 3 et 17 ans vivaient dans des conditions déplorables et ont été pris en charge par la DPJ. Leur mère, de son côté, fait face à des accusations criminelles.

Maltraitance d'enfants: une femme de Granby arrêtée

Appartement insalubre, enfants portant des traces de blessures et laissés à eux-mêmes : une mère de 37 ans a été arrêtée et fait face à des accusations criminelles liées à la maltraitance d’enfants.

La police de Granby a fait irruption dans un appartement de la rue Denison Ouest, le jour de la Saint-Valentin, pour y faire une troublante découverte. Des enfants de 1, 3 et 17 ans y vivaient dans des conditions « dégueulasses », a indiqué une source à La Voix de l’Est.

Des excréments jonchaient les meubles et le désordre était complet. « C’est Aurore l’enfant martyre version 2019, dit-elle. C’était alarmant. »

Au passage d’un huissier, quelques minutes plus tôt, les enfants étaient seuls et celui d’un an était enfermé dans une pièce. Sa couche n’avait pas été changée depuis plusieurs heures. Les deux autres portaient des traces de blessures et le plus âgé était si mal en point qu’il avait de la difficulté à se lever ou à se déplacer sans aide.

Selon une autre source, il était d’une maigreur extrême et souffrirait de fractures multiples ainsi que de problèmes pulmonaires. Il semblait « terrorisé » par sa mère, ajoute-t-on, et devait surveiller ses frères, malgré sa santé précaire, lorsque sa mère s’absentait.

« Il y a eu de la violence physique, c’est clair », dit cette source. L’état de l’adolescent a nécessité une hospitalisation et la Direction de la protection de la jeunesse a pris en charge les trois enfants, qui pourraient aussi avoir souffert de malnutrition.

Accusations

L’officier de justice venait procéder à l’expulsion de la mère, qui ne payait pas son loyer. À l’arrivée de celle-ci — une ordonnance de non-publication empêche de dévoiler son identité ainsi que celle de ses enfants —, elle s’est chamaillée avec l’huissier, ce qui lui vaut une accusation supplémentaire de voies de fait.

Pour chaque enfant, elle doit aussi répondre d’une accusation de maltraitance. Selon le libellé de l’article 215 du Code criminel, alors qu’il lui était « légalement tenu de le faire », elle aurait « omis de fournir les choses nécessaires à l’existence de (...) alors que l’omission de se faire a mis sa vie en danger, était de nature à causer un tort permanent à sa santé ou a exposé sa santé à un péril permanent ».

Cette accusation est passible d’une peine maximale de cinq ans de prison.

L’accusée a été maintenue en détention depuis son arrestation, le 19 février, et doit revenir devant la cour mercredi pour son enquête sur remise en liberté. Elle fait aussi face à trois accusations pendantes de voies de fait armées, de vol et de fraude. Ces deux derniers délits auraient été commis dans la MRC de Memphrémagog, en Estrie.

Son avocat n’est pas encore connu tandis que la poursuite est représentée par Me Valérie Simard-Croteau, du bureau de la Couronne.