Citoyen du secteur d’Austin, Robert Huneault a vu sa vie changer après un traitement contre la maladie de Lyme en Arizona.

Maladie de Lyme : guérir contre toutes attentes

Au Québec, Robert Huneault a consulté toute une série de spécialistes, neurologue, infectiologue, physiatre, psychologue, chiropraticien et autres, sans qu’aucune de ces personnes ne l’aide de manière déterminante. Puis il a fait un séjour dans une clinique en Arizona pour suivre un intense traitement médical et sa vie a complètement changé.

M. Huneault a vécu l’enfer, ou tout près, en raison vraisemblablement de la maladie de Lyme. « J’avais des pertes de mémoire, des difficultés à me concentrer et toutes mes articulations me faisaient mal. En plus, j’étais vite à bout de souffle et le cœur me débattait quand je travaillais un peu. Il fallait que je me couche après seulement une quinzaine de minutes de travail léger », relate cet ancien cadre en milieu industriel.

Lire aussi: La maladie de Lyme inquiète

Ne comprenant pas ce qu’il lui arrivait, il regarde un jour un reportage concernant la maladie de Lyme et pense alors avoir découvert une explication à ses problèmes de santé chroniques, apparus en 2014.

« J’avais fait un test au Québec avec mon médecin et il était sorti négatif, raconte le sexagénaire. Plus tard, j’ai refait un nouveau test, en envoyant un échantillon en Allemagne, et il a été positif. Des spécialistes d’ici m’ont dit qu’il ne valait rien, mais j’ai tout de même fait des recherches pour me renseigner concernant cette maladie. »

Robert Huneault déniche dans la foulée une clinique médicale baptisée Envita, en Arizona, et lit un livre signé par Alan G. Barbour, un professeur de médecine à l’Université de Californie, aux États-Unis. Il décide ensuite de se rendre à l’étranger pour se faire soigner.

Le traitement qu’il a subi chez Envita, à la fin de 2017 et au tout début de 2018, lui a coûté pas moins de 70 000 $ américains. « On a fouillé dans notre bas de laine pour trouver l’argent. On n’est pas riche. Mais j’ai tout de suite vu la différence en revenant d’Arizona. »

Habitant le secteur d’Austin, M. Huneault confie avoir retrouvé toute son énergie, avoir vu ses maux aux articulations diminuer de 90 pour cent et avoir récupéré toutes ses capacités cognitives ou presque.

« Il faut plus d’ouverture »

Robert Huneault a le sentiment que la médecine québécoise n’a pas toutes les réponses nécessaires pour les personnes atteintes de la forme tardive de la maladie de Lyme.

« J’ai fait rire de moi ici. Je considère que ça n’a pas de sens. Il faudrait que les spécialistes québécois regardent plus loin et qu’ils fassent preuve de plus d’ouverture », estime-t-il.

Et, lorsqu’on évoque l’effet placébo pour expliquer son retour à la santé, M. Huneault affirme que cette hypothèse ne tient pas la route. « Parfaitement impossible! Écoutez, j’ai recommencé à faire de la rénovation dans ma maison, une chose que j’avais arrêtée. En plus, j’ai récemment joué au hockey pendant deux heures en compagnie de mes petits-enfants. Je n’étais même plus capable de m’amuser avec eux avant ça. »

Une clinique fait appel aux Allemands

Jugeant qu’il en va de son devoir, la clinique de prélèvement Prelev achemine à l’occasion des échantillons en Allemagne pour des clients qui croient présenter des symptômes de la maladie de Lyme et qui se sentent abandonnés par le système de santé au Québec.

« Notre but à nous en faisant affaire avec BCA-lab, en Allemagne, c’est d’abord d’aider des gens qui cherchent depuis un moment sans jamais trouver quel problème de santé ils ont réellement. On ne fait aucun diagnostic. On permet simplement aux gens d’avoir accès à des spécialistes ailleurs dans le monde pour des analyses », note Julie Beauregard, copropriétaire de Prelev.

Mme Beauregard raconte que deux membres de sa famille ont, par le passé, été atteints de la maladie de Lyme. « Tous les deux avaient été piqués et avaient fait des tests négatifs. Finalement, ils sont allés aux États-Unis pour de nouveaux tests et, cette fois, on leur a dit qu’ils avaient la maladie », expose-t-elle.

La copropriétaire de Prelev souligne qu’une des deux personnes auxquelles elle fait allusion était âgée de 16 ans lorsqu’elle a reçu son diagnostic. « Elle était devenue non scolarisable. C’était sérieux. Et, grâce aux traitements, elle a guéri. En fait, les deux personnes dont je vous parle ont vu leurs symptômes disparaître après avoir été traitées. »

Julie Beauregard affirme avoir elle-même visité les installations de BCA-Lab et avoir été impressionnée. L’expertise développée par les médecins de cette clinique allemande, en lien avec la maladie de Lyme, l’a également épatée. Elle en est donc venue à la conclusion que ce serait une bonne idée d’acheminer des prélèvements à cet endroit dans des cas bien précis.

« On sent de la résistance de la part du système de santé, au Québec, en ce qui a trait à la maladie de Lyme. Par contre, ce ne sont pas nécessairement les médecins eux-mêmes qui résistent », soutient-elle.

De faux positifs?

Œuvrant à titre de parasitologue au Laboratoire de santé publique du Québec, Karine Thivierge affiche quant à elle de la méfiance à l’égard des tests pour détecter la maladie de Lyme qui sont effectués dans certains laboratoires privés à l’étranger.

« Dans des pays, il y a des laboratoires privés qui proposent des tests qui n’ont pas été validés. On a déjà vu jusqu’à 57 pour cent de faux tests positifs », révèle-t-elle.

Tout en faisant cette mise en garde, Karine Thivierge est forcée d’admettre que, parfois, des personnes avec des problèmes de santé graves n’obtiennent pas de réponse satisfaisante de la part de leurs médecins, ce qui peut les amener à envisager des options que le corps médical juge sans fondement. « Ces gens-là souffrent, c’est vrai », admet-elle.

Directrice de santé publique en Estrie, Mélissa Généreux invite quant à elle le public à la prudence, arguant que des cliniques offrant des services dispendieux peuvent à l’occasion essayer de profiter de gens vulnérables. « Je ne juge pas de cas précis, mais ce ne sont pas tous les clients des cliniques à l’étranger qui reviennent avec des résultats », déclare-t-elle.


Symptômes de la maladie de Lyme

- Rougeur (60 à 80 pour cent des cas)
- Fièvre
- Fatigue
- Maux de tête
- Raideur dans la nuque
- Douleurs musculaires et articulaires


Complications possibles


- Problèmes cardiaques
- Problèmes neurologiques

En cas de piqûre, il faut vite retirer la tique

Pour retirer une tique accrochée à la peau, utilisez une pince à sourcils ou autres outils du genre. Évitez d’utiliser vos doigts, car vous pourriez écraser la tique et favoriser la transmission de la bactérie responsable de la maladie de Lyme.

1- Saisissez la tique à l’aide d’une pince en étant le plus près possible de la peau. Ne pas presser l’abdomen de la tique, car cela augmente le risque de transmission.

2- Tirez la tique doucement, mais fermement et de façon continue, sans la tourner ou l’écraser. Si la tête de la tique reste dans la peau, retirez-là délicatement avec la pince. Cette partie ne peut pas transmettre la maladie.

3- Nettoyez ensuite votre peau avec de l’eau et du savon, puis lavez-vous bien les mains.

4- En Estrie, on recommande de contacter le 811 après le retrait d’une tique.
Plus d’informations dans la section santé et environnement du site internet quebec.ca.