La ministre Marguerite Blais (à droite) a annoncé une subvention de 200 000 $ à la Fondation Maison Gilles-Carle. Elle était accompagnée de la députée provinciale de Brome-Missisquoi, Isabelle Charest, de l’instigatrice de la Maison, Chloé Sainte-Marie et de la chargée de projet de la Fondation, Christelle Bogosta.

Maison Gilles-Carle: le modèle sera repris ailleurs au Québec

La Maison Gilles-Carle n’aura plus pignon seulement qu’à Cowansville. Huit maisons qui s’inspireront de son modèle verront le jour d’ici 2021 et 12 autres d’ici 10 ans, a annoncé la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, jeudi lors de son passage à la maison de répit. Une subvention de 200 000 $ a d’ailleurs été octroyée à la Fondation Maison Gilles-Carle pour assurer le déploiement aux quatre coins du Québec.

« C’est l’esprit de la maison que nous voulons conserver. C’est la philosophie d’être en mesure d’accueillir des personnes qui sont aidées, quelle que soit leur condition psychologique ou physiologique, a expliqué la ministre Blais lors d’un point de presse qui s’est déroulé dans la cuisine de la Maison Gilles-Carle de Brome-Missisquoi. C’est extraordinaire comme milieu. C’est ce concept qu’on veut déployer dans les 20 prochaines maisons. »

Une somme de 200 000 $ a été accordée à la Fondation Maison Gilles-Carle pour supporter et encadrer le déploiement des futures maisons. Deux projets, l’un du côté de Boucherville et l’autre à Shawinigan-Grand-Mère — dans une résidence offerte par l’ancien premier ministre canadien Jean Chrétien — sont déjà bien avancés, a fait savoir Christelle Bosgosta, chargée de projet à la Fondation, qui pilotera le déploiement des résidences. 

Montréal, Longue-Rive, Gatineau, les Laurentides, Victoriaville (Arthabaska) et Brompton (Sherbrooke) sont les six autres villes ou régions où le déploiement du modèle de la Maison Gilles-Carle est prévu. 

Un rêve

Le gouvernement n’investira pas dans les infrastructures des futures maisons, mais il les accompagnera, par l’entremise du ministère de la Santé et des Services sociaux, en matière de soins et de sécurité. « Pour le gouvernement du Québec, le dossier des proches aidants est extrêmement important, a réitéré la Marguerite Blais. Ça fait partie de la politique nationale pour les proches aidants qu’on va déposer. Parmi les engagements du gouvernement, il y avait bien sûr les maisons de répit Gilles-Carle. »

La fondatrice de la Maison Gilles-Carle, Chloé Sainte-Marie, est emballée par le déploiement des maisons. Elle a rappelé que ce rêve en est un que caressait son défunt mari, cinéaste et peintre, qu’elle a accompagné durant sa maladie jusqu’à son décès en 2009. « Les maisons de répit, c’est pour les aidants et c’était le rêve de Gilles parce qu’il voyait la fatigue dans laquelle je sombrais. C’est lui qui disait que je devais me reposer, qu’il fallait trouver un endroit », a raconté la porte-parole et vice-présidente de la Fondation. 

« Ce n’est pas parce qu’une société se voit confrontée à son vieillissement à même l’ourlet de l’histoire qu’elle doit pour autant se retrouver sans mot à dire sur sa condition humaine. Bien au contraire, poursuit Mme Sainte-Marie. Avec l’établissement de maisons de répit Gilles-Carle, sans discrimination de maladie, ce que Marguerite Blais est en train de réaliser, c’est de redonner vie à une société par la transformation de son vieillissement en élément créatif brisant toute solitude. »

La ministre Blais connaît bien la Maison Gilles-Carle, qu’elle a visitée à quelques occasions. « Quand j’ai connu cette maison-ci, mon cœur a chaviré parce que je trouvais que ça correspondait à ce qu’on appelle des milieux de vie », a-t-elle raconté. « Les maisons des aînés vont d’ailleurs s’inspirer de ce concept. Ce n’est pas juste de la brique, pas juste du bois. C’est comment accueillir nos personnes âgées, comment ne pas séparer les couples, comment les accueillir quand ils sont en perte d’autonomie modérée et les garder jusqu’à la fin. Un milieu de vie et non de fin de vie. »

La ministre déléguée à l’éducation et député de Brome-Missisquoi, Isabelle Charest, n’a pas caché sa fierté de savoir que la maison de répit se déploiera ailleurs au Québec. « C’est un exemple parfait d’une implication, d’un engagement d’une communauté, a-t-elle affirmé. Je suis très fière que ce grand projet fait des petits et qu’on retrouvera d’autres maisons. »

Bonification des services

La Maison Gilles-Carle de Brome-Missisquoi offre actuellement de l’hébergement quatre jours par semaine. Elle offre également des services de halte-répit, de consultation individuelle, de repas, de soins et d’information, entre autres. Des employés et des bénévoles y œuvrent quotidiennement. 

Les coûts d’opération de la maison grimpent à 390 000 $ annuellement. Le financement provient de subventions et de dons de la collectivité. Mais voilà qu’un financement récurrent pourrait être accordé à la Maison Gilles-Carle prochainement. Si ce coup de pouce financier se concrétise, une bonification des services est à prévoir. 

« Nous comptons bonifier notre offre de service de répit très prochainement et idéalement, nous aimerions donner l’accès à une offre de services de répit 24 heures, sept jours sur sept, par notre maison dès avril 2019. Ce sont d’excellentes nouvelles pour notre bel organisme », a mentionné Joannie Tardif, présidente de la Fondation.