Mairie de Trois-Rivières: une course plus que serrée

Trois-Rivières — Si certains pensent que tout était joué dans la course à la mairie de Trois-Rivières, ils se trompent. Le dernier sondage Mainstreet Research mené pour le compte du Nouvelliste révèle en effet qu’un très mince écart sépare maintenant Jean-François Aubin et Jean Lamarche, qui se retrouvent pratiquement à égalité à moins d’une semaine du vote avec trois points de différence. Un sondage qui annonce une dernière semaine de campagne pour le moins enlevante.

Lors du premier sondage réalisé pour le compte du Nouvelliste, un écart de neuf points séparait les deux candidats, un écart qui semble s’être resserré alors que Jean-François Aubin récolte 45,1 % des intentions de vote des électeurs «décidés et enclins», contre 42,1 % pour Jean Lamarche. Avec une marge d’erreur de 3,73 %, le président de Mainstreet Research Luc Fortin dit qu’il est désormais possible de parler d’une «égalité statistique», puisque la différence entre les deux candidats se situe à l’intérieur de cette marge d’erreur.

Alors que Jean-François Aubin a maintenu ses acquis avec un pourcentage d’intentions de vote semblable au premier sondage, il semble que ce soit les appuis réservés au candidat Éric Lord qui aient fondu au profit de Jean Lamarche. Il y a deux semaines, M. Lord récoltait 17,7 % des appuis des électeurs «décidés et enclins», alors que ce pourcentage n’est plus que de 12,3 % maintenant. Le candidat Pierre-Benoît Fortin ferme la marche avec des intentions de vote à 0,5 %, alors qu’il récoltait 1,9 % des appuis il y a deux semaines.

«Une chose est sûre, c’est que la dernière semaine de campagne va être palpitante», constate Luc Fortin, président de Mainstreet Research. Selon lui, le fait que les appuis que récoltaient Éric Lord aient pu fondre au profit de Jean Lamarche peut s’expliquer de différentes façons. «Sa chute peut s’expliquer par une volonté chez certains électeurs de voter stratégiquement pour un candidat qui peut l’emporter, mais aussi par la baisse de son capital de sympathie», déclare M. Fortin.

Il semble en effet que le capital de sympathie de M. Lord ait baissé. Il y a deux semaines, 33,5 % des répondants disaient avoir une opinion positive de lui, pour 21,5 % avec une opinion négative. Ces chiffres sont maintenant de 30,4 % avec une opinion positive et 31,2 % avec une opinion négative. «Jusqu’ici, la baisse dans les appuis à M. Lord a profité à M. Lamarche et si ce phénomène devait se poursuivre, il pourrait être déterminant dans cette course à la mairie», croit Luc Fortin.

Par ailleurs, le récent retour sur la place publique de l’ex-maire Yves Lévesque a aussi pu avoir ses effets sur la campagne électorale, croit Luc Fortin. Bien que l’ex-maire n’ait pas officiellement donné son appui à Jean Lamarche, le candidat s’est toujours affiché comme incarnant la «continuité», sans compter les critiques formulées par M. Lévesque envers Jean-François Aubin.

«M. Lévesque, qu’on le veuille ou non, demeure un personnage apprécié pour plusieurs Trifluviens, et qu’un candidat s’affiche comme voulant être sa continuité peut inciter certaines personnes à voter pour ce candidat», mentionne M. Fortin.

Jean-François Aubin demeure le candidat qui reçoit le plus d’opinions positives chez les 18-34 ans et chez les 65 ans et plus, alors que Jean Lamarche demeure le favori chez les 35-49 ans et les 50-64 ans. Toutefois, comparativement au sondage mené il y a deux semaines, Jean Lamarche a connu une augmentation de près de 10 % des opinions positives chez les 65 ans et plus, passant de 36,9 % à 46,4 %, malgré qu’il demeure derrière Jean-François Aubin dans cette tranche d’âge, avec 51,7 % d’opinions positives pour M. Aubin.

«Les 65 ans et plus sont des gens qui votent beaucoup. Ça peut avoir une incidence sur une élection», croit Luc Fortin.

Beaucoup d'indécis

Un élément déterminant demeure toujours présent, soit un taux d’indécis qui s’élève à 23,7 %, peut-on lire dans ce sondage. Un taux qui demeure élevé, constate Luc Fortin.

«C’est un taux qui est élevé, mais il faut aussi se rappeler que nous sommes dans une élection partielle municipale. Certains voient que c’est une course relativement serrée. C’est un taux qui n’est pas anormal à une semaine du vote, même si on peut s’imaginer que davantage de gens auront le temps de se faire une idée», relate M. Fortin, qui rappelle qu’il y a toujours une quantité d’électeurs qui feront leur choix uniquement une fois dans l’isoloir.

À partir de ce jour, Luc Fortin estime que l’enjeu demeure, pour les équipes, de faire sortir le vote. «Dans une lutte aussi serrée, ce sera une bataille d’organisations. Le défi sera de faire sortir le vote, et peut-être d’aller tenter de séduire les gens qui appuient les autres candidats. Je peux prédire que les équipes ne dormiront pas beaucoup cette semaine», est d’avis Luc Fortin.

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