L'inflation annuelle a ralenti à 2,2 % en septembre

OTTAWA — La cadence annuelle de l'inflation canadienne a ralenti plus que prévu en septembre, alors que les augmentations du prix de l'essence ont continué de s'atténuer.

L'indice des prix à la consommation a augmenté de 2,2 % en septembre par rapport à l'an dernier, alors que sa croissance annuelle avait été de 2,8 % en août, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Les économistes s'attendaient à une croissance de 2,7 % en septembre, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

Le rapport sur l'inflation de l'agence fédérale précède la décision de la Banque du Canada en matière de taux, la semaine prochaine. La banque centrale mettra également à jour ses prévisions pour l'économie dans son rapport sur la politique monétaire.

La banque centrale privilégie une inflation le plus près possible du point milieu de la fourchette comprise entre 1,0 % et 3,0 % et ajuste son taux directeur pour atteindre cet objectif. La plupart des économistes s'attendent à ce qu'elle hausse son taux directeur d'un quart de point, mercredi, pour le faire passer de 1,5 % à 1,75 %.

Aux yeux de James Marple, économiste principal de la Banque TD, le rapport sur l'inflation, plus modéré que prévu, ne modifie guère les prévisions de la TD, qui continue de croire que la Banque du Canada augmentera ses taux la semaine prochaine.

«Je ne pense pas qu'un mois de faible croissance des prix va changer l'idée de la Banque du Canada par rapport à une hausse des taux», a-t-il fait valoir.

M. Marple a souligné que le nouvel accord commercial entre les États-Unis, le Mexique et le Canada avait supprimé un risque majeur pour l'économie, mais que des difficultés supplémentaires, telles que l'endettement élevé des ménages, persistaient.

«Il y a des risques sous-jacents qui ont toujours existé et qui n'étaient peut-être pas sous les projecteurs parce que nous étions tous concentrés sur le commerce», a-t-il indiqué.

«Nous avons un très haut niveau d'endettement des ménages. Nous avons des taux hypothécaires qui augmentent et continueront d'augmenter, même avec très peu de mesures de la part de la Banque du Canada.»

Hausses des prix généralisées

Les prix ont augmenté dans les huit composantes principales observées par Statistique Canada pour la période de 12 mois terminée en septembre.

L'indice des transports, qui comprend l'essence, a augmenté de 3,9 % en septembre, comparativement à 7,2 % en août. Les prix de l'essence ont augmenté de 12 % le mois dernier, contre une hausse de 19,9 % en août.

Malgré tout, le groupe des transports est demeuré le principal contributeur à la hausse d'ensemble d'une année à l'autre de l'indice.

Les prix des aliments ont augmenté de 1,8 %, tandis que les coûts du logement ont augmenté de 2,5 %. Les prix des boissons alcoolisées et les produits du tabac ont augmenté de 4,4 %.

L'économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, a souligné que les prix des billets d'avion, bien qu'ils soient en hausse de 7,4 % par rapport à l'an dernier, avaient reculé de 16,6 % par rapport au mois précédent. Les tarifs des hôtels ont également diminué de 5,2 % par rapport à l'année précédente.

«Les forfaits de voyage ont également diminué de 3,2 %, ce qui signifie que le tourisme est devenu généralement beaucoup moins cher au Canada le mois dernier», a écrit M. Porter dans un bref rapport, précisant que les prix des véhicules n'avaient augmenté que de 0,7 % sur 12 mois.

«Tous ces secteurs faibles se sont combinés pour réduire l'inflation de base, bien que l'assouplissement ait été beaucoup moins spectaculaire que ce qu'on peut lire dans les manchettes», a déclaré M. Porter.

La moyenne des trois mesures de l'inflation sous-jacente — qui cherchent à éliminer les éléments plus volatils tels que les prix de l'essence et qui sont examinées de près par la Banque du Canada —, était de 2,0 % en septembre, contre 2,1 % en août.

Dans un rapport distinct, Statistique Canada a indiqué que les ventes au détail avaient chuté de 0,1 % en août pour s'établir à 50,8 milliards $. Elles ont diminué dans sept des 11 sous-secteurs étudiés par l'agence.

Les ventes des stations-service ont diminué de 2,0 %, tandis que les magasins de vêtements et d'accessoires vestimentaires ont diminué de 1,2 %. Les concessionnaires de véhicules et de pièces automobiles ont vu leurs ventes augmenter de 0,8 %.

Exprimées en volume, les ventes au détail ont diminué de 0,3 %.