Fred Pellerin

Lettre à mes compatriotes de Saint-Élie-de-Caxton

OPINIONS / Le Nouvelliste reproduit ici la lettre que Fred Pellerin a envoyée à ses concitoyens de Saint-Élie-de-Caxton et qui a été portée à l’attention des médias par des résidents de la municipalité.

L’actualité des derniers jours n’a pas manqué de souligner la fin de ma collaboration avec la Municipalité de Saint-Élie-de-Caxton.

Aussi, ce flot d’articles et de nouvelles a laissé dans son sillon et à ma lecture nombre de commentaires et de messages teintés de colère ou de tristesse.

Je vous envoie cette lettre comme une petite mise au point que je tenais à faire.

C’est fini?

J’aurais souhaité que cette histoire se termine sans soulever autant de poussières.

Plus que tout, j’aurais souhaité que cette histoire ne se termine pas.

Malheureusement, depuis trop longtemps, la poussière lève souvent et ça bien malgré moi.

La poussière lève et c’est devenu trop étouffant.

Je n’ai pas tiré la plogue de gaîté de cœur.

Avec l’aide de nombreux collaborateurs,

La complicité des Caxtoniennes et Caxtoniens,

Et des années de belle besogne

Nous avions créé une belle patente autour des visites guidées du village.

Nous en étions fiers,

Nous avions des plans pour la renouveler,

Nous avions des idées pour la nourrir.

Nous y tenions.

Nos ambitions étaient drôles, je pense, et innovantes.

Elles rassemblaient, inspiraient,

Et trouvaient à faire sourire beaucoup de monde des alentours et d’assez loin.

Depuis plusieurs mois,

Les choses sont devenues de plus en plus compliquées

Dans les relations avec les instances municipales,

Compliquées à ce point où j’ai dû prendre des décisions lourdes sur quantité de projets,

Dont celle-ci qui me retire définitivement de toute collaboration avec la Municipalité.

Mais j’en ferai surtout... un autrement!

Au moment où vous lirez ces lignes, je serai sur les routes d’Abitibi à livrer des contes.

J’irai aussi à Ottawa et à Shawinigan à la fin du mois,

Au Saguenay et au Lac-Saint-Jean ensuite,

À Brossard et à Victoriaville, puis à Sherbrooke, à Châteauguay,

Longueuil, Saint-Hyacinthe, et en France en novembre, et encore...

La route est toute tracée jusqu’à la fin de 2020!

À chacun de ces soirs, je raconterai comment,

Selon la légende, nous sommes passés un jour

D’un ramassis d’individus à une chose qui s’appelle «village».

Sur les applaudissements de la fin, je sortirai de scène en courant,

Et je serai fier en maudit d’appartenir à ce que nous sommes.

Comme conteur, à chaque fois qu’on me prêtera un micro,

Je continuerai à vanter notre village.

Et ce que je ne pourrai plus faire ici, je le ferai ailleurs,

(Les opportunités ne manquent pas!)

En m’efforçant à chaque fois d’intégrer aux ententes

Une clause favorisant les gens du Caxton!

Comme citoyen,

L’impossibilité de travailler en collaboration avec la Municipalité

Ne m’empêchera pas de m’impliquer dans le village,

À chercher comment donner plutôt qu’à prendre.

Je continuerai de m’appliquer à injecter ma modeste dose,

Dans les vies sociales, culturelles et communautaires de Saint-Élie-de-Caxton,

De faire ma part dans les projets, manches relevées et tête haute.

Et ce que nous sommes...

Je suis convaincu que notre village a besoin d’aide

Et je déplore le fait qu’aucune autorité responsable ne soit encore intervenue.

Dans la crise qui secoue notre monde,

On aura vu ma face beaucoup trop souvent

Alors que le problème est vaste et complexe et qu’il touche un paquet de monde.

Il est important de le savoir

Pour éviter de voir dans tout ça qu’un simple conflit personnel.

Loin de moi l’idée d’allumer ici un procès ou de nourrir l’astinage,

Je pense plutôt que, dans le contexte, il est plus que jamais primordial

De se tenir informés de ce qui se passe chez nous,

Et de dire un peu et d’agir beaucoup.

Il en va de nos avenirs.

Saint-Élie-de-Caxton était devenu quelque chose comme un modèle.

On ne devrait laisser rien ni personne démancher notre fierté.

Nous en sommes responsables.

Je tenais à partager cette lettre personnelle.

Je décline les demandes d’entrevues médiatiques sur le sujet,

Mais il était important pour moi de vous dire cette nécessité qui m’habite

Et qui est celle de continuer à marcher avec le village.

Salutations et grands souhaits d’automne coloré pour nous!

Fred Pellerin