L’essence remonte à 1$ à Montréal; meilleurs prix en périphérie

Jean-Philippe Denoncourt
La Presse canadienne
MONTRÉAL - Pour la première fois en près de deux mois et demi, des stations d’essence de l’île de Montréal vendent le litre de carburant ordinaire à un prix supérieur à 1 $ mardi matin, bien que plusieurs autres le proposent encore à un prix inférieur de quelques cents.

En général, les prix poursuivent donc leur lente progression amorcée il y a quelques semaines sur l’île de Montréal.

Entre-temps, les sites www.essencemontreal.com et www.gasbuddy.com relèvent encore des prix d’environ 0,90 $ le litre dans les régions périphériques de la Montérégie et des Laurentides.

Déjà, il y a deux semaines, sur l’île de Montréal, le litre d’ordinaire était vendu à 0,96 $ à certains endroits, un prix largement plus élevé que partout ailleurs au Québec et qui excédait par environ 0,13 $ le prix minimum estimé (PME) du début du mois de mai calculé par la Régie de l’énergie du Québec pour les six agglomérations l’île de Montréal.

L’écart est semblable pour la semaine du 19 au 25 mai. La Régie de l’énergie affiche pour les mêmes agglomérations de même que pour les trois autres réparties à Laval, un PME d’un peu moins de 0,88 $.

Lundi, les autorités québécoises de santé publique ont donné le feu vert à la réouverture à compter du 25 mai des établissements commerciaux du grand Montréal qui ont pignon sur rue, ce qui devrait stimuler l’activité économique et la demande en carburant dans la région.

La remontée graduelle des prix se produit après une dégringolade subite survenue au début du mois de mars, lorsque l’Arabie saoudite, le plus important producteur mondial de pétrole, avait pris la décision de provoquer une forte baisse des prix du brut à la livraison.

Les cours mondiaux du brut se sont effondrés dans la foulée de cette décision, mais aussi en raison d’une dégringolade de la demande provoquée par le ralentissement des activités causé par la pandémie du nouveau coronavirus. Des mesures d’isolement de plus en plus strictes pour contenir l’épidémie ont fait chuter le nombre de véhicules sur les routes et la demande en carburant.

Depuis, le cours du pétrole a repris vigueur, lentement. Lundi, à la Bourse des matières premières de New York, il a gagné 8,1 %, à 31,82 $ US le baril.

Rappelons qu’au milieu du mois de mars, sur l’île de Montréal, les prix de l’essence ordinaire s’établissaient à un peu plus de 1 $ le litre, un prix semblable à celui relevé mardi matin. Mais quelques jours plus tard, les meilleurs prix variaient entre 0,78 $ et 0,90 $ et à la fin du mois, il était fréquent de pouvoir acheter un litre de carburant pour à peine plus de 0,70 $.

Pour l’ensemble du Québec, le prix moyen du litre d’essence est légèrement supérieur à 0,93 $, mardi matin.

Le site www.gasbuddy.com affichait que les meilleurs prix proposés au Québec étaient près de la frontière avec les États-Unis, comme c’est fréquemment le cas. Le litre d’ordinaire pouvait être acquis pour 0,85 $ à Gatineau, 0,88 $ à Sherbrooke, 0,92 $ à Québec, 0,93 $ à Rimouski et 0,95 $ à Trois-Rivières.