Plusieurs citoyens de Sainte-Marthe-sur-le-Lac sont inquiets du sort de leur maison.

Les visages de l'inondation massive à Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Des milliers de résidants de Sainte-Marthe-sur-le-Lac ont dû fuir leurs maisons en fin de semaine alors que le lac des Deux-Montagnes s'est déversé dans leur ville après la rupture d'une digue naturelle. Plusieurs citoyens sont inquiets du sort de leur maison, et de leurs animaux de compagnie, mais ils sont reconnaissants d'être en sécurité.

Voici les visages du sinistre qui affecte cette petite ville des Laurentides.

Karolane De Gagné (27 ans) et Marc-André Dewar (31 ans):

Le jeune couple a acheté la maison qui appartenait auparavant au père de Mme De Gagné en octobre 2018.

Lundi, Mme De Gagné et M. Dewar et leurs amis utilisaient une pompe pour gonfler un radeau pneumatique, afin d'aller chercher certaines fournitures pour eux et leur fils de cinq mois. Dans leur maison, il manque environ 30 centimètres pour que l'eau atteigne le rez-de-chaussée, et si c'est le cas, la résidence sera une perte totale, selon le couple.

Ils disent vivre dans un état d'incertitude, puisqu'ils ignorent ce qui arrivera dans les prochaines semaines. Leur rêve d'élever leur famille dans cette maison est devenu un «cauchemar», ont-ils raconté.

Et même s'ils réussissent à protéger une partie de la maison, ils ne sont pas certains qu'ils resteront.

«Est-ce qu'on va vraiment prendre la chance avec notre jeune famille que cette situation-là revienne? On sera pas capable de vivre ça une deuxième fois», a tranché Mme De Gagné.

Jean-Maurice Vandergoten (52 ans)

Jean-Maurice Vandergoten a eu besoin de l'aide de l'armée pour fuir sa maison avec ses deux chiens lorsque l'eau a envahi la ville. Quand il a quitté sa résidence où il vit depuis 23 ans, l'eau était rendue au niveau de sa poitrine.

Il s'est fait un chemin vers un véhicule amphibie en portant son gros chien au-dessus de sa tête, a-t-il relaté. Lundi, il était revenu sur sa rue pour secourir ses trois chats qui étaient restés à la maison.

Malgré le stress et l'incertitude, il s'est dit reconnaissant que personne n'ait été blessé dans les événements - un «miracle», selon lui. Car en l'espace de 30 minutes, tout le secteur était sous l'eau. Il a d'ailleurs félicité les autorités pour leur «très bon travail».

Georges Gaudreault et Nicole Gaudreault-Boudreau (69 ans)

Le couple, qui n'était pas à la maison lorsque l'ordre d'évacuation a été diffusé, a compris l'ampleur de la situation en regardant les images de leur rue à la télévision.

M. Gaudreault et sa femme, qui sont tous deux diabétiques, n'avaient pas leurs médicaments et ont dû emprunter des vêtements à certains membres de leur famille étant donné qu'il n'ont pas pu se rendre à leur maison. M. Gaudreault ne pouvait même pas discuter avec sa compagnie d'assurance, puisque tous les documents étaient chez eux.

Selon lui, ce secteur n'a jamais été inondé.

«Même v'la deux ans, (les inondations) de 2017, ça avait monté, oui, mais (la digue) n'avait pas défoncé. Tout le monde a été pris par surprise, parce que tout avait l'air beau. Même moi, la veille, j'avais été voir aussi et il manquait au moins un bon deux-trois pieds avant que ça puisse se rendre en haut», a témoigné M. Gaudreault

Mais le couple n'a pas eu que des mauvaises nouvelles, lundi. En fin d'après-midi, Mme Gaudreault-Boudreau pleurait, mais cette fois-ci, de joie, car les trois chats du couple ont été secourus sains et saufs.

Suzanne (56 ans)

Suzanne, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, vit avec son fils autiste de 29 ans. Lorsque la dame de 56 ans est retournée à sa maison après l'avis d'évacuation, l'eau était à ses chevilles. Cinq minutes plus tard, l'eau avait monté à ses mollets.

«J'ai l'impression d'être dans une zone de guerre avec les hélicoptères, les (véhicules blindés) - c'est vraiment une zone de guerre», a-t-elle confié.

Elle ne sait pas dans quel état se trouve sa maison, et dans la foulée des événements, elle n'a pas pu récupérer des vêtements ou son chat, Hector.

La dame dit qu'elle ne peut penser à l'avenir sans avoir envie de pleurer. «Je ne veux pas y penser. Si je passe là-dedans, je vais faire monter le niveau d'eau», a-t-elle déclaré.