Swoop, le transporteur à très bas prix de WestJet, reliera maintenant les aéroports d’Hamilton, en Ontario et d’Abbotsford, en Colombie-Britannique.

Les transporteurs à très bas prix séduits par les aéroports secondaires

Deux petits aéroports près de Toronto et Vancouver bourdonnaient d’activité, la semaine dernière, galvanisés par l’arrivée du transporteur à très bas prix de WestJet, Swoop.

Les aéroports secondaires de Hamilton, en Ontario, et d’Abbotsford, en Colombie-Britannique, jouaient traditionnellement les seconds violons dans ces deux immenses marchés de l’aviation civile au pays. Les avions de Swoop relieront maintenant ces deux aéroports situés relativement près des deux métropoles.

En outre, le transporteur à très bas prix Norwegian a annoncé la semaine dernière son intention d’intégrer le ciel canadien au printemps prochain en offrant une liaison directe entre Hamilton et Dublin, en Irlande.

Dans la grande région de Montréal, certains voudraient faire de l’aéroport de Saint-Hubert une alternative, pour de plus petits appareils commerciaux, à l’aéroport Pierre Elliott Trudeau, qui a pris le relais de Mirabel en 2004.

Après une croissance de 80 % du nombre de passagers l’an dernier, l’aéroport de Hamilton espère que ce regain d’intérêt chez les transporteurs lui permettra de renouer avec ses belles années — il avait accueilli un million de voyageurs en 2003.

Son attrait avait toutefois diminué par la suite, lorsque WestJet a déménagé sa base d’exploitation pour l’est du Canada à l’aéroport Pearson de Toronto, à la suite de la fusion d’Air Canada et des Lignes aériennes Canadien international, et de la fin des vols vers l’Europe pour Globespan Airways.

Hamilton, qui est déjà le plus important aéroport au pays pour les marchandises, a vu défiler 600 000 voyageurs dans son aérogare l’an dernier; elle pourrait en accommoder au moins cinq fois plus.

Des frais plus bas

Les transporteurs sont attirés par les tarifs pratiqués par cet aéroport, qui sont inférieurs de 30 à 50 % à ceux de Pearson. Sa petite taille fait aussi en sorte que les voyageurs doivent marcher moins longtemps pour se rendre à leur porte d’embarquement, et que les appareils passent moins de temps au sol entre chaque vol. Par ailleurs, plus de deux millions de personnes habitent à un maximum d’une heure de route en voiture de l’aéroport, et neuf millions de Canadiens et d’Américains vivent à moins de deux heures de l’aérogare.

À l’autre bout du pays, l’Aéroport international d’Abbotsford offre des avantages similaires, ce qui lui a permis de connaître une belle croissance au fil des ans — surtout depuis quelques années, après que la municipalité a acquis les installations pour 10 $ auprès du gouvernement fédéral, en 1997. Le trafic de l’aéroport a crû de 38 % entre 2015 et 2017 et l’aéroport a accueilli l’an dernier 677 000 voyageurs. Il espère dépasser le million dans un an ou deux - sa capacité est de plus de 2,5 millions de voyageurs par année.

Le maire d’Abbotsford, Henry Braun, soutient que les coûts de fonctionnement de l’aéroport sont les plus bas au Canada et possiblement en Amérique du Nord. L’absence de frais d’améliorations aéroportuaires fait à elle seule économiser à Swoop environ 3000 $ par vol. M. Braun soutient que son aéroport permet de rapatrier une partie des voyageurs qui allaient profiter des aubaines à Bellingham, dans l’État de Washington.

Contrairement à l’Europe et aux États-Unis, le Canada n’a pas une longue histoire d’aéroports secondaires. Ottawa n’a cédé ces aéroports à des administrations locales qu’il y a environ 25 ans seulement. Mais les grands aéroports du pays commencent à être surchargés, et les aéroports secondaires tentent d’en profiter.