Les médecins résidents lancent une campagne de visibilité

Un peu plus de la moitié des médecins résidents présentent des signes d’épuisement professionnel, révèle un sondage mené par leur fédération, qui a lancé jeudi une campagne de visibilité pour dénoncer le «manque de respect» du ministère de la Santé.

La Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) a publié mardi les résultats de deux sondages, l’un visant à évaluer le niveau d’épuisement de ses membres et l’autre, à évaluer le nombre d’heures travaillées sur une base hebdomadaire.

Le premier sondage, auquel ont participé 947 répondants, a révélé que près de 55 % des médecins résidents présentent des signes d’épuisement professionnel. Il indique également que près de 49 % d’entre eux se sentent exténués en se levant le matin, avant le début de leur journée de travail, au moins une fois par semaine.

Pour le deuxième sondage, les 2072 médecins résidents qui ont répondu ont été invités à répertorier pendant quatre semaines, soit entre le 15 janvier et le 11 février, le nombre d’heures travaillées hebdomadairement. Les résultats démontrent que les médecins résidents travaillent en moyenne près de 71 heures par semaine (marge d’erreur entre 2 et 2,6 % pour les quatre recensements). 

«C’est donc dire que […] nos médecins résidents travaillent pratiquement deux semaines en une, comparativement à l’horaire régulier moyen des autres professionnels de la santé», calcule dans un communiqué le président de la FMRQ, le Dr Christopher Lemieux. 

À l’instar des infirmières et des autres professionnels de la santé, les médecins résidents sont «clairement surchargés», observe le Dr Lemieux, qui déplore que le gouvernement leur demande pourtant d’en faire encore plus.

Contraires aux chartes des droits

«Il souhaite même permettre aux établissements de contourner le jugement d’un tribunal en 2011 qui a déclaré contraires aux chartes des droits les périodes de travail de plus de 16 heures par période de 24 heures», dénonce le Dr Lemieux, en référence à une décision rendue par le Tribunal du travail en juin 2011 contre le Centre universitaire de santé McGill. 

Selon le président de la FMRQ, les propositions faites par les représentants du ministère de la Santé sont «déconnectées de la réalité», à tel point qu’elles ont entraîné l’arrêt de la négociation le 15 décembre dernier et l’obtention de mandats de grève au début du mois de février. 

Pour dénoncer ce «manque de respect» de la part du ministère, la FMRQ a lancé mardi une campagne de visibilité sous le thème «Médecin résident à rabais/Disponible jusqu’à épuisement». D’autres moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale ne sont pas exclus, avertit la Fédération.