L’ex-première dame des États-Unis Michelle Obama alors qu’elle donnait une conférence en 2017, à Chicago. Au moment de mettre sous presse, les photos promises par l’organisation de la conférence tenue au Centre Vidéotron, qui s’est terminée vers 20h20, n’étaient toujours pas disponibles...

Les leçons de vie de Michelle Obama

Le charisme de Michelle Obama est indéniable. Sa venue à Québec a fait déplacer 8000 personnes au Centre Vidéotron lundi soir, pour 80 minutes bien tassées d’une conversation entre l’ex-première dame et la femme d’affaires Christiane Germain, axée sur son parcours et sa vision de la vie.

Ceux qui avaient lu les mémoires de Michelle Obama, Devenir (Becoming), n’auront pas appris beaucoup de choses lors de cet évènement orchestré par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec. Ils auront au moins eu le luxe d’entendre en personne la principale intéressée, vêtue d’un élégant costume bleu pâle, le ton accessible et simple, la dégaine joyeuse et mesurée.

«Même si vous avez l’habitude de ce genre d’évènement, êtes-vous nerveuse?» lui a demandé Christiane Germain, en début de parcours. «Oui, un peu. J’espère toujours que de me présenter ici telle que je suis soit suffisant», a répondu l’avocate de formation, née dans un quartier ouvrier de Chicago, élevée dans une grande simplicité pour ensuite briller dans les universités de la Ivy League, à Princeton et Harvard. 

Elle est revenue sur son enfance, vécue sans grand confort matériel, mais riche en valeurs. «Mes parents étaient comme tant d’autres parents autour du monde, ils ont investi d’abord dans l’avenir de leurs enfants», a-t-elle rappelé. Après les sacrifices qu’ils ont faits pour lui permettre une éducation dans une université réputée, elle a trouvé difficile d’avouer à sa mère qu’elle voulait changer de carrière, alors qu’elle était une avocate très bien payée dans une grande firme de Chicago. 

De son père, elle a dit qu’il a été son meilleur modèle de respect envers les femmes, parce qu’il lui a fourni les mêmes outils et l’a tenue aux mêmes standards que son grand frère.

Elle a d’ailleurs livré un vibrant plaidoyer féministe sous la forme d’une invitation faite aux hommes de préparer le monde pour les fillettes de demain. «Votre rôle est le plus important de tous», a-t-elle soutenu. Oui, il faut élever des jeunes filles qui savent s’exprimer, s’imposer, tenir leur bout, mais encore faut-il préparer le monde dans lequel elles vont évoluer comme femmes dans quelques années, a précisé Mme Obama. 

Beaucoup de ses messages étaient adressés aux jeunes femmes, qui formaient une bonne partie de l’auditoire. Elle les a invitées à être indulgentes envers elles-mêmes, et à sortir de leur zone de confort pour évoluer. «Les femmes sont socialisées pour penser qu’elles doivent être parfaites, qu’il n’y a une seule façon de réussir», a dénoncé la femme de Barack Obama. À 55 ans, elle dit enfin comprendre celles qui lui disaient que les femmes sont à leur meilleur dans la cinquantaine et la soixantaine. «Je me sens enfin complètement confortable avec qui je suis», a-t-elle confirmé. «La sagesse, ça ne s’achète pas, ça prend des années de hauts et de bas pour arriver à repousser tous ceux qui doutent de nous.»

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Environ 8000 personnes ont assisté à la conversation entre Michelle Obama et Christiane Germain au Centre Vidéotron, lundi soir.

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La vie à la Maison-Blanche

Michelle Obama «vit dans une bulle» depuis l’élection de Barack Obama à la tête des États-Unis en 2008, et même depuis la fin de son deuxième mandat. «Je ne fais jamais la file au supermarché», a-t-elle rappelé avec humour. Sa famille vit toujours entourée d’un détachement de sécurité important. Elle a parlé de son rôle de mère dans ce contexte tout particulier.

Seule incartade plus politique dans une conversation somme toute assez légère, Michelle Obama a profité d’une question sur la pression qu’avait Barack Obama en tant que premier président afro-américain pour lancer une pointe à Donald Trump, sans le nommer. «Imaginez si Barack Obama avait fait des choses comme celles qui se sont passées dans les dernières années. Pensez-y un peu», a-t-elle lancé avant de rappeler avec fierté que l’administration de son mari n’avait pas été entachée de scandales. «Personne n’est parfait, mais je pense que mon mari est bien proche de la perfection», a-t-elle dit avec un grand sourire, suscitant des applaudissements nourris. 

Le sujet du contrôle des armes à feu s’est aussi imposé brièvement quand Michelle Obama a avoué avoir trouvé très difficile de rencontrer des proches de victimes de fusillades. «C’était une chose très difficile de les tenir dans mes bras sans avoir de réponses pour eux», a-t-elle témoigné. 

Le moment le plus spontané est arrivé à la toute fin, avec une série de questions rapides et ludiques, où l’on a pu apprendre que l’ex-première dame était lève-tôt, qu’elle préférait la pizza à la croûte mince, le yoga («Attendez de vieillir, vous allez voir, les étirements, c’est essentiel»), les livres papier et les espadrilles («Des jeans et des espadrilles, voilà la vraie Michelle Obama.») Enfin, elle s’est fait tordre le bras pour avouer qu’elle préférait Céline Dion à Drake. On aurait pris plus de cette spontanéité, mais c’était déjà terminé…

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CE QU'ELLE A DIT...

— «Mes parents étaient comme tant d’autres parents autour du monde, ils ont investi d’abord dans l’avenir de leurs enfants.»

— «Imaginez si Barack Obama avait fait des choses comme celles qui se sont passées dans les dernières années. Pensez-y un peu. […] Personne n’est parfait, mais je pense que mon mari est bien proche de la perfection.»

— «La sagesse, ça ne s’achète pas.»