De nombreuses personnes ont défilé toute la journée sur l’avenue de Gaulle, devant la résidence où Rosalie a été trouvée sans vie. La rue résidentielle était parfois congestionnée tellement l’affluence était soutenue.

Les indices s'accumulent, les hommages à Rosalie pleuvent

Après deux journées de cueillette d’informations pouvant servir à élucider la mort de la petite Rosalie Gagnon, le Service de police de la Ville de Québec a levé son poste de commandement, samedi, et n’a pas l’intention de le redéployer «à court terme».

La quiétude du quartier résidentiel où a été trouvée la dépouille mortelle de Rosalie Gagnon a de nouveau été perturbée samedi par les activités policières et les nombreux citoyens venus rendre hommage à la jeune victime.  

D’abord en matinée, et pour une deuxième journée consécutive, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a déployé un poste de commandement au parc du Petit-Village. Des enquêteurs des crimes majeurs y ont reçu et traité de nouvelles informations du public.  

Comme la veille, le maître-chien et une unité de recherche spécialisée ont quadrillé des secteurs près des trois principaux lieux identifiés dans cette affaire, soit le parc Terrasse Bon-Air, où a été trouvée une poussette vide mercredi matin, l’avenue Gaspard, où Audrey Gagnon a été interpelée par les policiers mercredi après-midi, et l’avenue de Gaulle, où le corps de la jeune victime a été découvert dans une poubelle un peu plus tard la même journée.

Avec ce déploiement, le SPVQ tentait notamment de déterminer la provenance du sinistre bac à ordures, qui n’avait aucun lien avec la résidence près de laquelle il a été laissé.

«Suite à l’analyse des informations reçues, nous aurions identifié le propriétaire et la provenance du bac à ordures», a indiqué Étienne Doyon, porte-parole du SPVQ, samedi après-midi. Le propriétaire du bac se serait lui-même manifesté. M. Doyon n’a pas voulu préciser s’il provenait du même quartier où s’est déroulé le drame.

Érigé à 8h, le poste de commandement a mis fin à ses activités à 13h. «Nous ne prévoyons pas déployer de nouveau le poste de commandement à court terme», a ajouté le porte-parole.

«Difficile à vivre»

Pendant ce temps, des dizaines, voire des centaines de personnes ont défilé toute la journée sur l’avenue de Gaulle, devant la résidence où Rosalie a été trouvée sans vie. La rue résidentielle était parfois congestionnée tellement l’affluence était soutenue.

Raymond Bouchard, qui habite la maison d’à côté, lavait tranquillement l’intérieur de sa voiture, jetant parfois un regard vers la montagne de toutous laissée pour Rosalie, sur le terrain du voisin. «C’est le va-et-vient jour et nuit», a-t-il dit au Soleil. «Je comprends les gens… Les gens sont sympathiques.»

Lui-même émotif, il n’arrivait toujours pas à croire qu’une fillette de deux ans avait été trouvée morte à quelques mètres de chez lui. «C’est difficile. Je comprends mon voisin [d’être ébranlé]. On se connaît de longue date, c’est un très bon monsieur.»

Du jour au lendemain, un bac, vraisemblablement abandonné au hasard, les a chamboulés tous les deux, tout comme d’autres résidents du coin. «Personnellement je trouve que c’est dur à vivre. Quand c’est arrivé, je n’ai pas eu connaissance de rien. Et tout d’un coup je suis sorti, et là, la maison était encerclée», a relaté M. Bouchard, qui a raconté avoir de la difficulté à dormir depuis les événements.

Jessica Verret, 19 ans, s’est présentée samedi sur l’avenue de Gaulle pour déposer une peluche. Elle a dit avoir fréquenté Audrey Gagnon, la mère de Rosalie et principale suspecte dans cette affaire, il y a quelques années dans un centre jeunesse.

La jeune femme avait le cœur gros, elle-même mère d’un poupon de 11 mois. «C’était important pour moi de venir déposer un toutou pour Rosalie», a-t-elle dit.

Aux prises avec des problèmes de consommation dans le passé, elle a lancé le message qu’il était possible de s’en sortir. «Ce n’est pas un échec [d’être en centre jeunesse]. Si tu veux t’en sortir, tu peux t’en sortir. J’ai cru en les ressources qu’on m’a données et c’est ce qui fait que je suis la maman que je suis aujourd’hui.»

Rappelons qu’Audrey Gagnon est toujours détenue. Arrêtée pour meurtre, elle a jusqu’ici été accusée de méfait, d’entrave au travail des policiers et de bris d’engagement. Elle reviendra en cour mercredi.

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