Depuis le début des activités en vue du premier tournoi du Grand Chelem de la saison mardi matin, les joueurs sont confrontés à la chaleur et à l’humidité accablantes, en plus des débris projetés dans l’air par les impressionnants feux de forêt qui ravagent depuis quelque temps déjà l’Australie.
Depuis le début des activités en vue du premier tournoi du Grand Chelem de la saison mardi matin, les joueurs sont confrontés à la chaleur et à l’humidité accablantes, en plus des débris projetés dans l’air par les impressionnants feux de forêt qui ravagent depuis quelque temps déjà l’Australie.

Les feux compliquent la vie des joueurs de tennis canadiens en Australie

La Presse Canadienne
ADÉLAÏDE, Australie — Les joueurs de tennis qui participent au tournoi de qualifications des Internationaux d’Australie ont enfin eu un peu de répit mercredi, après que des particules microscopiques émanant des feux de forêt australiens leur aient donné l’impression d’avoir la gorge en feu.

Depuis le début des activités en vue du premier tournoi du Grand Chelem de la saison mardi matin, les joueurs sont confrontés à la chaleur et à l’humidité accablantes, en plus des débris projetés dans l’air par les impressionnants feux de forêt qui ravagent depuis quelque temps déjà l’Australie.

Une joueuse, la Slovène Dalila Jakupovic, a même dû abandonner à la deuxième manche de son match.

L’Australien Bernard Tomic a demandé qu’on installe un ventilateur sur le terrain pendant son match de premier tour, qui s’est soldé par une défaite.

Et la Québécoise Eugenie Bouchard a requis des traitements après la deuxième manche de son match contre la Chinoise Xiaodi You, avant de l’emporter 4-6, 7-6 (4), 6-1 mardi.

«Je ne vous mentirai pas, les conditions ont été difficiles. Vers la fin du deuxième set, c’était difficile de respirer, et la thérapeute m’a offert quelque chose qui m’a aidée, a mentionné Bouchard, de Westmount, lors d’un entretien à Melbourne. Je me suis sentie bien pendant un set et demi; peut-être que si j’avais gagné ce match en deux sets je n’en aurais même pas parlé.»

Les organisateurs du tournoi n’ont toujours pas indiqué qu’ils modifieront leur calendrier à cause des conditions environnementales.

Tennis Australia, qui chapeaute le tournoi, a mentionné que ses experts étaient présents sur le site pour assurer la sécurité des gens.

Les activités ont commencé trois heures plus tard que prévu mercredi à cause de la mauvaise qualité de l’air, au moment où le thermomètre indiquait 35 degrés Celsius. Puis, en fin de journée, le jeu a été interrompu par la pluie.

Pour sa part, le Québécois Félix Auger-Aliassime, qui se trouve aussi à Adélaïde, a disputé son premier match de simple mercredi soir, alors que la température était fraîche et que la qualité de l’air était au rendez-vous.

Sirène d'alarme

Le tableau principal doit se mettre en branle lundi.

«Nous avons entendu dire qu’une des filles (Jakupovic) s’était subitement mise à tousser et qu’elle avait dû abandonner (mardi), donc ç’a été la sirène d’alarme, a évoqué Gabriela Dabrowski, d’Ottawa, qui fait partie du Comité des joueuses de la WTA. Nous nous sommes rapidement mises à discuter. Nous avons pris part à une conférence téléphonique avec (le directeur du tournoi) Craig Tiley afin d’avoir un portrait plus clair de la situation.

«Nous avons entendu une panoplie de symptômes, allant d’étourdissements aux maux de tête, pendant (et après) les matchs. Ils ont aussi ressenti des picotements aux yeux, et de la difficulté à respirer. Ce sont les principaux symptômes.»

Dabrowski, qui est épargnée par ces symptômes puisqu’elle joue présentement à Adélaïde — elle a accédé aux demi-finales du double —, a indiqué que la WTA ne pouvait rien faire pour le moment.

«Au fond, nous avons réitéré (après les matchs de mardi) que les activités ne pourront se poursuivre si les conditions atmosphériques sont aussi mauvaises. Heureusement, ils ont interrompu les matchs jusqu’à ce que tout rentre dans l’ordre» a-t-elle confié.

Pour sa part, le Québécois Félix Auger-Aliassime, qui se trouve aussi à Adélaïde, a disputé son premier match de simple mercredi soir, alors que la température était fraîche et que la qualité de l’air était au rendez-vous.

Auger-Aliassime s’est souvenu d’un tournoi de la série Challenger auquel il a participé en Californie en 2017, où il a été confronté à des symptômes similaires dus à la fumée.

«J’imagine que les organisateurs du tournoi font de leur mieux pour les joueurs. Mais en même temps, lorsqu’une joueuse doit cesser de jouer, ça prouve le contraire. C’était triste à voir», a-t-il confié après sa victoire de 6-3, 7-6 (0) contre l’Australien James Duckworth mercredi.

«C’est difficile. Selon moi, nous ignorons ce que cache l’autre côté de la médaille — toutes les conséquences qui pourraient découler de la décision de repousser le tournoi de qualifications, en termes de bourses, d’organisation, a-t-il ajouté. Il faut tout prendre en considération, voir le portrait d’ensemble; qu’est-ce que je ferais si j’étais à la place de Craig Tiley?»

Par ailleurs, Tennis Canada a annoncé qu’il fera un don de 100 dollars australiens pour chaque as réalisé par un joueur canadien inscrit aux tableaux principaux du simple et du double des Internationaux d’Australie. L’argent sera versé au Fonds de secours et de redressement en cas de catastrophe de la Croix-Rouge australienne.