Les campeurs fréquentant le parc national de la Jacques-Cartier — très nombreux pendant la saison estivale — seront avertis directement sur place.

Les feux à ciel ouvert interdits

Campeurs, soyez avisés. Avec l’été revient la saison des risques de feux de forêt. Depuis mardi, les feux à ciel ouvert en forêt sont interdits dans la MRC de la Jacques-Cartier, de la Côte-de-Beaupré et de Charlevoix.

En collaboration avec la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), la décision a été prise à l’interne au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs en raison des conditions météorologiques peu propices qui sont prévues au courant des prochaines semaines dans la région de la Capitale-Nationale. 

«On prévoit des dangers d’incendie très élevés d’ici les prochains jours, indique dans un entretien avec Le Soleil l’agente à la prévention et à l’information de la SOPFEU, Marie-Louise Harvey. Les précipitations seront très faibles et on veut éviter les feux de cause humaine par cet avertissement.»

Les campeurs fréquentant le parc national de la Jacques-Cartier — très nombreux pendant la saison estivale — seront avertis directement sur place. Il leur sera interdit d’amener avec eux de l’équipement pour préparer un feu à ciel ouvert. 

«On sait aussi que les temps à venir seront très chauds, donc on demande aux gens de patienter et d’écouter nos directives jusqu’à ce qu’on reçoive des quantités significatives de pluie», ajoute la porte-parole.

Plus ou moins commun

Des alertes à l’interdiction du genre se produisent au moins une fois par année à l’échelle de la province, mais elles sont plus ou moins régulières, reconnaît Marie-Louise Harvey.

«Sur la fréquence, ça dépend toujours selon les années. Souvent, il n’y a pas du tout, et parfois, on doit en appeler abondamment. Selon les températures, je vous dirais qu’on lève le droit de faire des feux à ciel ouvert au moins une fois par année.»

Ces interdictions, décrétées surtout pendant la saison estivale, sont cette année répandues un peu partout au Québec. Les régions de la Côte-Nord, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de l’Abitibi-Témiscamingue, de la Mauricie, de l’Outaouais, des Laurentides et de Lanaudière sont aussi touchées, avec plusieurs endroits où l’interdiction est ciblée. 

À ce sujet, il est possible pour le citoyen de consulter la carte du territoire visé, selon sa région, en se rendant sur le site de la SOPFEU. 

2761 hectares

Depuis le début de la saison de protection, qui s’amorce dès le printemps, pas moins de 255 incendies de forêt ont été déclarés dans la province, touchant près de 2761 hectares sur une longue distance. 

«La moyenne des 10 dernières années à la même date est de 253 feux pour une superficie de 28 976 hectares», indique à ce sujet la SOPFEU dans un communiqué paru lundi, dont Le Soleil a obtenu copie. 

L’institution en profite pour souligner au public que la collaboration de tous est essentielle «afin que l’interdiction de faire des feux à ciel ouvert en forêt soit respectée». La mesure, quoique restrictive, vise surtout à limiter les risques de propagation du feu d’arbre en arbre, ajoute-t-on.

Quiconque contrevient à une telle ordonnance d’interdiction est d’ailleurs passible d’une amende, outre le paiement des frais, en vertu de l’article 239 de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier (chapitre A-18.1).

Au Québec, la SOPFEU réunit 169 employés réguliers et 302 employés saisonniers, ce qui inclut 233 pompiers forestiers.