Les étudiantes sages-femmes de l’UQTR devant le Parlement de Québec.

Les étudiantes sages-femmes manifestent à Québec

Québec — Vingt-deux étudiantes en pratique sage-femme de l’Université du Québec à Trois-Rivières manifestent, ce 1er mai, devant le Parlement de Québec.

Les étudiantes ne réclament pas seulement la rémunération de leurs sept stages qui totalisent 2350 heures. Elles demandent également au ministre de l’Enseignement supérieur de leur accorder, durant ces stages, le statut de travailleuses, ce qui leur donnerait accès à une protection de la CNESST, au Régime québécois d’assurance parentale, aux arrêts préventifs de travail en cas de grossesse et aux congés de maladie.

«Les résidents en médecine ont ça», fait valoir Florence Navia, porte-parole de l’Association des étudiantes sages-femmes du Québec. «Nous aussi, nous avons un stage à faire en milieu hospitalier», plaide-t-elle.

Mme Navia souligne qu’il en coûte sept fois plus cher de faire un baccalauréat en pratique sage-femme que bien d’autres types de baccalauréats. Sa durée est de quatre années et demie au lieu de trois ans. Les 2350 heures de stages ne sont pas rémunérées et le parcours académique implique que les étudiantes doivent déménager au moins deux fois durant leurs stages qu’elles doivent obligatoirement accomplir dans diverses régions du Québec.

Elles doivent également disposer d’une voiture puisqu’elles sont de garde durant leurs stages et peuvent être appelées à tout moment.

La situation est tellement difficile que le taux de diplomation n’est que de 50 %, indique Mme Navia qui parle de précarité, de vulnérabilité et de grandes injustices vécues par ses consoeurs étudiantes sages-femmes.

Leur association a rencontré des représentants du ministre de l’Enseignement supérieur à la mi-avril, dit-elle et la date du 30 avril avait été soulevée pour répondre à la demande des étudiantes face à la rémunération des stages. Or, ces dernières n’ont finalement pas eu de nouvelles, d’où leur manifestation de mercredi matin. «Le ministre Roberge avait promis une annonce de scénario le 30 avril 2019 pour donner suite aux revendications et à la mobilisation nationale menée par diverses associations étudiantes, groupes communautaires et politiques rassemblés sous l’égide des Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE). Cette annonce n’a pas été faite», déplore l’Association par voie de communiqué.

Comme le fait valoir Mme Navia, il n’en coûterait par cher au gouvernement de rémunérer les stages et d’accorder aux sages-femmes le statut de travailleuse. «Nous ne sommes que 78 pour les quatre cohortes», précise-t-elle.

Rappelons qu’il y a quelques jours, l’Association des étudiantes sages-femmes publiait un rapport dénonçant des situations de harcèlement et de discrimination qui seraient posées à leur endroit, notamment par des professeurs, durant leur formation à l’UQTR. Le rapport a été remis au recteur de même qu’au ministre de l’Enseignement supérieur.

Mercredi matin, «la secrétaire du ministre a dit qu’il n’allait pas sortir pour venir nous rencontrer», a indiqué au Nouvelliste Mme Navia.

«Pour les étudiantes sages-femmes, il est clair que la précarité financière du programme, l’impossibilité de travailler pendant les études, l’inflexibilité du programme de Prêts et bourses et la non-couverture par le RQAP et la CNESST sont autant de facteurs qui augmentent la vulnérabilité des étudiant(e)s», fait valoir l’Association.

Rappelons aussi que sept étudiantes sages-femmes ne s’étaient pas présentées à un examen, le 15 mars dernier, afin de respecter un vote de grève adopté par l’AGEUQTR permettant de manifester pour la planète. La chose ne semble pas s’être soldée à leur avantage, finalement. Elles devront en effet subir une évaluation de leurs compétences, dans un premier temps. Par la suite, étant donné qu’elles ne s’étaient pas présentées à leur examen, elles devront reprendre le cours au complet lors de leur 4e année et dernière année d’études, indique Morwenna Tosser. Il s’agira d’une épreuve, croit-elle, car la quatrième année de la formation est déjà extrêmement chargée.