Le cofondateur et président de PolarMade, Benoît Mercier, avec le SnowPeeler

Les dragons craquent pour le SnowPeeler [VIDÉO]

Benoît Mercier se souvient du jour, en 2017, où la Ville de Québec avait accordé à l’entreprise en démarrage — PolarMade — qu’il a mise au monde avec son beau-frère ingénieur Benoît Lavallée un coup de pouce de 50 000 $ pour l’aider à financer son fonds de roulement.

La nouvelle avait été reprise par les médias.

«Cette journée-là, de canicule par-dessus le marché, nous avions vendu une cinquantaine de pelles à toiture. Un important quincailler de la région de Montréal nous passait en plus une commande de 50 000 $. Tu parles d’un démarrage en force!»

Benoît Mercier s’attend à une nouvelle frénésie aujourd’hui (vendredi).

Hier (jeudi), le produit vedette de PolarMade, le SnowPeeler, a été vu par plus d’un million de téléspectateurs canadiens. Benoît Mercier, un actuaire devenu entrepreneur, présentait l’invention québécoise à l’émission Dragons’Den à CBC, la version anglophone de la série Dans l’œil du dragon.

«Je m’y suis pointé avec deux objectifs en tête : faire connaître le SnowPeeler d’un océan à l’autre et obtenir du capital de la part des dragons afin que l’on puisse poursuivre notre croissance.»

Établissant la valeur de l’entreprise à deux millions $, Benoît Mercier demandait un investissement de 200 000 $ en contrepartie d’une participation de 10% dans l’actionnariat de l’entreprise.
Deux dragons chevronnés, Jim Treliving (propriétaire de la chaîne Boston Pizza) et Arlene Dickinson (une femme d’affaires torontoise) lui ont offert ce qu’il voulait.

«En plus, ils ont mis sur la table une marge de crédit nous permettant d’avoir accès à un autre 200 000 $. Il y a eu une espèce de surenchère puisque quatre des cinq dragons nous offraient ce que nous demandions.»

Avant que Jim Treliving et Arlene Dickinson sortent les billets verts, leurs analystes procéderont à une vérification diligente des aspects financiers et juridiques de la PME de Québec qui fait travailler plus d’une vingtaine de personnes.

De 60 à 500 points de vente

C’est en déneigeant la toiture d’un chalet, en janvier 2017, que les deux beaux-frères ont convenu qu’il y avait assurément une façon plus simple et plus sécuritaire à partir du sol de réaliser cette corvée éreintante.

Un produit existait sur le marché aux États-Unis, mais il n’était pas disponible, à l'époque, au Canada. «Il n’est pas conçu pour nos hivers et parvient difficilement à casser la couche neigeuse solidement compactée.»

À la fin de l’hiver 2017, le SnowPeeler était dévoilé au grand public.

L’outil de déneigement de toiture est composé d’un cadre de coupe en aluminium de 40 par 20 centimètres sur lequel est attachée une toile de vinyle facilitant le glissement de la neige vers le sol. Selon le modèle, le manche est d’une longueur de six ou de neuf mètres. À l’aide d’un simple mouvement, la lame de coupe tranche la neige.

Il y a quelques années, une entreprise du Bas-Saint-Laurent avait mis au point un produit similaire.

À ce jour, deux rondes de financement ont été réalisées auprès des banques, des gouvernements du Québec et du Canada et de la Ville de Québec et ont permis d’injecter environ 2 millions $ dans la fabrication et la commercialisation de la pelle à toiture.

«Il a fallu convaincre les quincaillers un par un pour faire entrer le SnowPeeler dans leur commerce», raconte Benoît Mercier. «Son prix – 174,95 $ pour le modèle de base - constituait une barrière pour les grandes chaînes. Dans les faits, la demande est venue des consommateurs, car nous avons misé sur une campagne de marketing Web bien ciblée pour les rejoindre.

Aujourd’hui, les portes des Canadian Tire, BMR, Home Hardware et Rona s’ouvrent plus rapidement.»

À Noël, l’an dernier, une soixantaine de quincailleries offraient notre produit. Aujourd’hui, nous comptons plus de 500 points de vente au Canada», signale Benoit Mercier en ajoutant qu’une percée est en cours chez nos voisins de sud. «Prochainement, nous allons rencontrer les gens de True Value Hardware à Chicago. Ce détaillant possède plus de 4000 magasins dont environ un millier ont pignon sur rue là où il tombe suffisamment de neige.»

«Nos résultats dépassent nos prévisions le plus optimistes. L’an dernier, nos ventes se chiffraient à 900 000 $. À la fin de 2018, elles devraient atteindre 3 millions $.»

Benoît Mercier ne se berce pas d’illusions. Son SnowPeeler sera copié. C’est peut-être déjà fait.

«La seule façon de répliquer à la contrefaçon est l’innovation. Il faut constamment chercher à améliorer notre pelle à toiture», martèle l’entrepreneur en mentionnant que PolarMade s’affairait à développer d’autres produits, notamment pour l’été. «Notre plus grand risque serait d’être une entreprise d’un seul produit.»

À l’aide d’un simple mouvement, la lame de coupe du SnowPeeler tranche la neige accumulée sur la toiture.