Les chauffeurs d'autobus ont manifesté devant l'Assemblée nationale, lundi.

Les chauffeurs d’autobus scolaires manifestent pour de meilleurs salaires

Les chauffeurs d’autobus scolaires syndiqués à la CSN ont saisi le porte-voix lundi pour interpeller les élus. Ils revendiquent notamment de meilleurs salaires.

À Québec, une quinzaine de véhicules jaunes ont bloqué la rue Honoré-Mercier, devant le parlement. Une opération de visibilité qui sera suivie d’autres actions tant que les élus n’entendront pas, annoncent les leaders syndicaux.

«L’enjeu […] c’est une reconnaissance de leur métier, de leur titre d’emploi», explique Ann Gingras, présidente du Conseil central Québec–Chaudière-Appalaches de la CSN. «Avec les mesures d’austérités depuis quelques années, il y a eu des compressions au niveau des commissions scolaires. Et les commissions scolaires ont fait des compressions à leur tour au niveau des transporteurs scolaires. Ça a eu des effets sur les chauffeurs d’autobus.»

«On ne reconnaît pas leur métier à juste titre. Et ça commence à avoir une répercussion sur une pénurie de main-d’œuvre. Il commence à avoir de la difficulté de plus en plus à recruter du monde parce qu’il y a tellement de disparité au niveau des salaires.»

Les chauffeurs demandent donc à Québec d’uniformiser la rémunération dans l’industrie. Puis de bonifier les budgets et d’exiger les fonds envoyés dans les commissions scolaires pour le transport servent obligatoirement à cette fin, pas pour les dépenses courantes des écoles.

«On a fait une étude de marché, concernant les salaires minimums que devraient avoir les chauffeurs d’autobus scolaires. On est arrivé à un montant de 20,05 $ de l’heure pour les “grosses bus”. Mais il n’y a pas la moitié des transporteurs de la région de Québec qui payent ça», affirme Hélène Thibault, présidente du Syndicat des employés du transport scolaire Tremblay et Paradis.

Pas «une carrière»

«C’est sûr que ça n’aide pas parce que, en ayant des salaires bas, il n’y a pas personne qui peut dire : “Je vais faire une carrière comme chauffeur d’autobus scolaire” parce que ce n’est pas payant», enchaîne-t-elle. «Ç’a été longtemps vu comme une job de retraité, un salaire d’appoint. Ce qu’on veut, c’est que ça devienne un vrai salaire. Qu’on puisse gagner notre vie à être chauffeur d’autobus scolaire.»

Selon la CSN, le manque de relève dans l’industrie forcerait, dans certaines régions, l’abandon de certains trajets de transport scolaire. Et des chauffeurs âgés ne pourraient pas prendre de préretraite, travailler trois ou quatre jours par semaine, faute de candidats pour les remplacer.

«Il n’y a rien de plus intéressant que de transporter les enfants de monsieur et madame Tout-le-monde», faire valoir Mme Thibault. «Mais pour être capable de le faire décemment, et d’en faire un travail constant, il faut avoir les salaires qui vont avec.»