Les cas de fraude chez les enseignants s'accumulent

Le nombre d’enseignants victimes de vol d’identité ne cesse de grimper au Québec. Une série de fraudes de carte de crédit a eu lieu en début d’année et plusieurs enseignants se rendent compte plusieurs mois plus tard qu’ils en ont été victimes.

C’est le cas de Jonathan Loiselle, enseignant à l’école des Avenues à Sherbrooke, qui s’est aperçu la semaine dernière que plusieurs cartes de crédit à son nom avec une autre adresse que la sienne avaient été ouvertes.

« Je ne recevais aucune facture ou avis puisque l’adresse à mon dossier avait été modifiée, souligne-t-il. C’est arrivé aussi à plusieurs collègues de l’école du Phare. C’est un hasard si j’ai pensé à vérifier mon état de crédit sur Equifax pour m’en rendre compte. J’invite mes collègues à le faire. »

M. Loiselle estime qu’il lui faudra plusieurs mois pour ramener la situation à la normale. L’hypothèse la plus plausible selon lui est qu’une liste avec les informations personnelles d’enseignants d’un peu partout au Québec aurait été dérobée dans une commission scolaire ou dans un syndicat et que des individus s’en servent pour voler des identités afin d’obtenir du crédit.

Un groupe Facebook qui regroupe des enseignants victimes de vol d’identité est passé d’environ 140 membres en avril à près de 600 au moment d’écrire ces lignes. Un des administrateurs, François Charland, estime qu’il est temps de passer à la prochaine étape.

« On est rendu à contacter les élus, souligne-t-il. L’accès au crédit est une joke au Québec. Les fraudeurs ont la vie facile. Pour corriger la situation, ils nous demandent plein de documents comme des preuves de résidence, mais ils pourraient les demander avant d’émettre des cartes de crédit, ça réglerait le problème. »

La Sûreté du Québec n’avait pas « suffisamment de ressources » vendredi pour répondre à la demande de renseignements de La Tribune concernant l’état de l’enquête.