Les candidats de l'ombre

Certains candidats sont très connus dans le paysage politique, on peut même dire que ce sont des politiciens professionnels, d’autres sont devenus des vedettes dans la campagne électorale de par leur métier avant de se lancer en politique.

On peut penser à Gertrude Bourdon (Parti libéral du Québec-PLQ), Sonia Lebel (Coalition avenir Québec-CAQ), Vincent Marissal (Québec solidaire-QS) et Michelle Blanc (Parti québécois-PQ). D’autres sont de parfaits inconnus pour le grand public, ils partent souvent avec une longueur de retard et ils ont très peu de chance d’être élus. Pourtant ils ont décidé de se lancer dans la bataille. Que retiendront-ils de leur expérience?

Hélène Desaulniers, directrice d’un CPE, candidate de la Coalition avenir Québec dans Bonaventure (Gaspésie), Blake Ippersiel, 19 ans, candidat du Parti québécois dans Chapleau (Outaouais) et Lucie Mayer, personne à mobilité réduite, candidate pour Québec solidaire dans Prévost (Laurentides), ont accepté de répondre aux questions du Soleil. Malgré les démarches entreprises et le délai laissé au Parti libéral du Québec, aucun des trois candidats choisis par Le Soleil n’a accepté de prendre cinq minutes de son temps pour répondre aux questions.

Hélène Desaulniers

Originaire de la Côte-Nord et résidente de la Gaspésie depuis un an et demi, elle est directrice d’un CPE. La campagne électorale lui a permis de découvrir d’autres milieux que le sien comme le secteur de l’éolien. «J’ai grimpé en haut d’une éolienne, jamais je n’aurais pu faire ça en dehors de la campagne électorale», confie la candidate caquiste.

Si Mme Desaulniers a aimé son expérience électorale, elle trouve dommage que certains candidats aient passé plus de temps à «dénigrer» les autres au lieu de «mettre de l’avant leurs idées». Selon elle, l’engagement en politique doit servir à «faire bouger les choses», et non à «rechercher la gloire». Ce qu’elle retiendra de son expérience? «Être candidate m’aura permis de m’impliquer plus rapidement dans ma communauté alors que je ne vis pas là depuis longtemps.»

Hélène Desaulniers

Blake Ippersiel

Étudiant à l’université, le candidat péquiste est passionné par la politique. La charge de travail a été intense pour M. Ippersiel et concilier l’ensemble de ses obligations lui a demandé un gros sens de l’organisation. Mais malgré les longues heures de travail entre ses études à temps plein, son travail à temps partiel et sa campagne électorale, le jeune péquiste a vécu des moments inoubliables. «Ce que j’ai le plus aimé, c’est de pouvoir échanger avec mon chef [Jean-François Lisée] et monter dans l’autobus», raconte-t-il.

La campagne électorale lui aura aussi permis de vivre des choses cocasses. «Un jour qu’on faisait du porte-à-porte avec mon équipe, on a rencontré une personne qui promenait sa tortue. On n’avait jamais vu ça. La situation était bizarre, mais ça nous a permis d’engager la conversation et de parler politique», rapporte Blake Ippersiel.

Blake Ippersiel

Lucie Mayer

La candidate de QS n’en est pas à sa première campagne électorale, elle s’était présentée dans Bertrand en 2014. Cependant, il s’agit d’une campagne différente et particulière cette fois pour Mme Mayer. En 2016, à la suite d’une mauvaise prescription de médicaments, elle s’est retrouvée handicapée et dans un fauteuil roulant.

Loin de s’apitoyer sur son sort, Mme Mayer prend beaucoup de plaisir dans cette campagne, même si elle trouve «difficile» de ne pas pouvoir aller à la rencontre des gens chez eux. Elle sait également qu’elle n’a aucune chance de gagner, mais contrairement à 2014, elle a l’impression de rejoindre de nombreux citoyens. «En 2014, je n’étais pas autant sollicitée, là, l’enjeu central de la campagne électorale, c’est l’environnement et on m’en parle beaucoup», souligne-t-elle.

Pour Lucie Mayer, la politique est le pendant du politique. «Le politique, c’est de s’assurer que personne n’est laissé pour compte. Tout le monde a une voix qui mérite d’être entendue et tout le monde mérite de pouvoir participer à la communauté», a-t-elle fait valoir.

Lucie Mayer

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