Le secrétaire général de la Fédération russe de boxe Umar Kremlev, à Moscou, le 15 mai dernier

Les boxeurs russes boycotteront les JO si les sanctions ne sont pas levées

Les boxeurs russes participeront aux Jeux olympiques de Tokyo uniquement si les sanctions imposées à la Russie, qui les forceraient à y participer sous une bannière neutre, sont levées, a prévenu le secrétaire général de la Fédération russe de boxe dans un entretien accordé à l’Associated Press mercredi.

Umar Kremlev a déclaré qu’il avait discuté avec les membres de l’équipe de boxe olympique et qu’ils avaient «unanimement» rejeté les conditions établies par l’Agence mondiale antidopage (AMA), à la suite du scandale de manipulation des données provenant du laboratoire antidopage de Moscou.

Les sanctions imposées par l’AMA, dévoilées lundi, interdisent notamment à la Russie d’utiliser son drapeau et son hymne national lors des compétitions sportives internationales pour les quatre prochaines années - ce qui inclut les Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

«Ils ont dit que nous ne pourrons pas utiliser notre drapeau et notre hymne national, a dit Kremlev. Nous ne visons pas des médailles; nous y allons pour représenter notre pays et le rendre fier.»

Par ailleurs, la présidente de la chambre haute du parlement russe a indiqué que le pays pourrait créer une alternative aux Jeux olympiques.

«Cette décision démontre la crise évidente qui sévit à l’intérieur des institutions sportives internationales. Je crois que la Russie pourrait organiser ses propres jeux chez elle», a mentionné Valentina Matvienko dans un discours rapporté par l’agence de presse Interfax.

Ce ne serait pas une première. Après la révolution russe de 1917, l’Union soviétique avait refusé de participer aux Jeux olympiques et choisi d’organiser ses propres ‘Spartakiades’ - nommés d’après la révolte des esclaves menée par Spartacus -, des compétitions sportives aux fortes influences socialistes. L’Union soviétique a cependant effectué un retour dans le mouvement olympique en 1952, et depuis ce temps les Russes tirent habituellement beaucoup de fierté de leurs exploits aux JO.

Cependant, si les sanctions ne sont pas levées, alors les boxeurs russes préféreraient faire le saut chez les professionnels plutôt que de participer aux Jeux olympiques, a mentionné Kremlev.

«Un champion du monde (en boxe professionnelle) est plus populaire qu’un champion olympique», a rappelé Kremlev, en ajoutant que l’hymne national serait joué avant un combat professionnel pour une ceinture de champion.

Kremlev a ajouté que les boxeurs sont accusés à tort pour des fautes qui ont été commises dans d’autres sports. En ce sens, il a assuré qu’ils resteraient chez eux, même si d’autres athlètes russes - qui pratiquent d’autres disciplines - choisissent de participer aux JO.

«Si d’autres sports sont coupables et que des individus ont enfreint le code de l’AMA, pourquoi sommes-nous punis?, a-t-il questionné. Nous sommes en faveur d’un sport équitable, et contre le dopage. Nous voulons que notre sport soit propre... Si quelqu’un enfreint les règles, alors nous le bannissons.»

La Russie est l’une des puissances en boxe amateur et olympique. Elle a organisé les Championnats du monde de boxe masculine et féminine cette année, terminant au sommet du classement des médailles du côté féminin, et au deuxième rang du côté masculin.

Le Comité international olympique administrera les épreuves de boxe aux Jeux de Tokyo, après avoir critiqué les problèmes financiers chroniques et la lutte interne pour le pouvoir à l’Association internationale de boxe amateur.