Les biens de l’entreprise Fabritec à Bromont, sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité depuis juillet dernier, ont été mis en vente par le syndic au dossier.

Les biens de Fabritec mis en vente

Les biens de Fabritec à Bromont sont au coeur d’un processus de vente, alors que l’entreprise est sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité depuis juillet dernier. L’offre retenue devrait être connue prochainement.

Fondatrice et actionnaire majoritaire de Fabritec, la famille Bourgeois « fait partie du processus » et a déposé une proposition, confirme la vice-présidente administration de l’entreprise spécialisée dans la fabrication d’armoires de cuisine et de salle de bain, Nadia Bourgeois.

Cette dernière affirme que le délai pour déposer une proposition se terminait à la fin septembre. Le nombre d’offres reçues — actuellement en analyse — n’a pas été divulgué par le syndic, souligne Mme Bourgeois.

« D’ici une semaine ou deux, l’acheteur devrait être mentionné », avance la vice-présidente administration de l’entreprise.

Chose certaine, les opérations se poursuivent aux installations de Fabritec à Bromont, de même qu’à celles de la division Canboard à Mont-Joli, aussi visée par le processus mis en oeuvre au cours des derniers mois.

« Il n’y a pas de changement sur rien. Il n’y a pas eu de mises à pied. La production continue comme avant. Il n’y a eu aucun impact au niveau de la production ou de la clientèle. (...) Le mot d’ordre qu’on a de Deloitte (Restructuration Deloitte, syndic au dossier), c’est business as usual. Il faut continuer », dit Nadia Bourgeois.

Selon le récent rapport du syndic, dont La Voix de l’Est a obtenu copie, 48 acheteurs potentiels (20 canadiens et 28 américains) ont été contactés, dans le cadre du « processus de sollicitation ». De ce nombre, 18 acheteurs potentiels (14 canadiens et 4 américains) ont « signé une entente de confidentialité et ont eu accès aux biens des Débitrices [NDLR : Fabritec et Canboard] (visite d’usine) ainsi qu’à une base de données contenant diverses informations pertinentes au sujet des Débitrices et de leurs biens », lit-on dans le rapport.

Nadia Bourgeois, vice-présidente administration de Fabritec

Médiation avec IKEA

La résiliation d’un contrat par Ikea est, semble-t-il, au coeur des difficultés financières de l’entreprise. Fabritec et Ikea avaient conclu en octobre 2016 « une entente de volume de commande de meubles » d’une durée de huit ans.

Ikea a toutefois « unilatéralement résilié l’entente de volume » en octobre 2018, est-il précisé dans le rapport du syndic. Fabritec a formulé une réclamation pour dommages subis de 73 millions $ auprès d’Ikea. Aucune procédure judiciaire formelle n’a été entreprise par Fabritec.

Mais les deux parties avaient convenu, et ce avant le début des procédures lancées en juillet, de procéder à une médiation, en présence d’un médiateur retenu conjointement. Selon le rapport, la séance de médiation devait se tenir la semaine dernière à Zurich, en Suisse. Deux jours étaient prévus.

Les « employés concernés » étant liés par une « entente de confidentialité », Nadia Bourgeois affirme ne pas être en mesure de commenter cet aspect du dossier.

Dans la foulée des démarches entamées par l’entreprise afin de se placer sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, un financement temporaire de 8 millions $ a été mis en place afin de pourvoir aux besoins urgents de liquidités de Fabritec et Canboard.

Cinq principaux créanciers ont aussi des « réclamations prouvables » de 58,7 millions $. « En sus des cinq principaux créanciers susmentionnés, Fabritec a environ 227 créanciers, dont le total des réclamations prouvables est estimé à 10,4 millions $. Pour sa part, Canboard a, en sus des cinq principaux créanciers susmentionnés, environ 62 créanciers, dont le total des réclamations prouvables est estimé à 1,7 million $ », est-il détaillé dans le rapport au syndic.

À l’origine, Fabritec et Canboard devaient déposer une proposition à leurs créanciers le 21 août. Mais le tribunal a depuis accepté à deux reprises de prolonger ce délai. La nouvelle date butoir a été fixée au 19 novembre.