La Banque Royale du Canada sera le premier prêteur à présenter ses résultats financiers pour le troisième trimestre mercredi, et la plupart des analystes s’attendent à une croissance «solide» dans le secteur, avec une croissance du bénéfice par action pouvant atteindre 10 %.

Les banques canadiennes dévoileront leurs résultats sous peu

TORONTO - Les plus grandes banques du Canada devraient témoigner cette semaine d’un autre trimestre vigoureux, car le marché immobilier du pays montre des signes de stabilité et la hausse des taux d’intérêt ajoute à leurs résultats.

La Banque Royale du Canada sera le premier prêteur à présenter ses résultats financiers pour le troisième trimestre mercredi, et la plupart des analystes s’attendent à une croissance «solide» dans le secteur, avec une croissance du bénéfice par action pouvant atteindre 10 %.

«Nous croyons que le climat des résultats est propice à un deuxième semestre solide [...] Le marché immobilier canadien se comportant bien, les investisseurs peuvent détourner leur attention de cela au profit des bénéfices, qui sont soutenus par l’augmentation de la marge bénéficiaire, le levier opérationnel et la croissance dans les segments d’expansion», a expliqué dans une note de recherche Robert Sedran, analyste chez CIBC Marchés des capitaux.

La Banque CIBC sera la suivante à présenter ses résultats pour le trimestre, jeudi, suivie par la Banque Scotia et le Groupe financier BMO le 28 août. La Banque Nationale témoignera de sa santé financière le 29 août et la Banque TD le lendemain.

Un des facteurs qui pèse sur les bénéfices des banques depuis le début de l’exercice a été le marché du logement et les demandes de prêts hypothécaires après l’introduction de lignes directrices plus strictes en matière de prêts au début de l’année.

Les ventes nationales de logements ont diminué de 1,3 % en juillet par rapport à l’année précédente, ce qui est inférieur aux baisses à deux chiffres observées les mois précédents. L’Association canadienne de l’immeuble a déclaré que le nouveau test de résistance pour les prêts hypothécaires non assurés «continue de peser sur les ventes de maisons, mais son effet pourrait commencer à s’estomper légèrement à Toronto et dans les marchés voisins». Cependant, la baisse des ventes dans les grands centres urbains de la Colombie-Britannique a pesé sur le chiffre d’affaires global.

Certains analystes prévoient que les résultats des banques seront en partie attribuables à l’amélioration de la stabilité du marché immobilier, en particulier dans la région du Grand Toronto, mais d’autres recommandent la prudence.

Au cours des premier et deuxième trimestres de l’exercice, la plupart des prêteurs canadiens ont connu une montée en flèche de leurs prêts hypothécaires à la fin de l’année civile, les acheteurs acceptant de contracter des prêts avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles le 1er janvier.

«À mesure que ce phénomène s’atténuera, nous nous attendons à une forte baisse des volumes d’émission au second semestre», a déclaré Gabriel Dechaine, un analyste à la Banque Nationale. M. Dechaine estime que pour que les banques se conforment à leurs prévisions d’une baisse de 5 % des volumes de prêts hypothécaires non assurés, les originaux devront chuter de 20 % au second semestre.

Pourtant, les six plus grandes banques du Canada et le Mouvement Desjardins du Québec ont constitué une réserve de capital et sont mieux préparés à une crise du logement au pays qu’ils ne l’étaient en 2016, a déclaré Moody’s Investor Service dans un récent rapport.

De plus, les fondamentaux économiques et la hausse des taux d’intérêt des deux côtés de la frontière pourraient compenser l’effet du ralentissement de la croissance des prêts hypothécaires.

Au cours du trimestre terminé le 31 juillet, ces prêteurs bénéficiaient déjà d’une augmentation des marges d’intérêt nettes - ou des bénéfices réalisés sur les prêts - alors que les taux d’intérêt augmentaient des deux côtés de la frontière au cours des mois précédents. Les marges nettes d’intérêt sont la différence entre les sommes que les banques gagnent sur les prêts qu’elles contractent et les intérêts qu’elles versent aux épargnants.

En juillet, la Banque du Canada a haussé son taux d’intérêt pour la quatrième fois en un an afin de ramener l’indice de référence de 1,25 à 1,5 %, augmentant encore ces marges bénéficiaires.

Le trimestre dernier, le directeur financier de la Banque Royale du Canada, Rod Bolger, a déclaré que même si la croissance hypothécaire du prêteur était réduite de moitié, l’incidence serait compensée par une hausse des taux directeurs des banques centrales.

La récente série de données économiques solides du pays, telles que l’inflation en juillet atteignant son niveau le plus élevé depuis septembre 2011 et la solidité de l’emploi, accroît la probabilité d’une nouvelle hausse des taux en octobre.

La Banque du Canada peut utiliser les hausses de taux d’intérêt comme moyen d’empêcher l’inflation de grimper trop haut.

La hausse des taux d’intérêt a toutefois constitué un obstacle supplémentaire pour de nombreux acheteurs potentiels d’une première maison ou d’un déménagement, et a ralenti la demande de crédit.

«Avec des hausses de taux supplémentaires probables dans les mois à venir, l’activité immobilière au deuxième semestre de cette année et en 2019 restera bien en deçà des cinq années précédentes», a écrit Sherry Cooper, économiste en chef des Dominion Lending Centres. .

De plus, à chaque hausse des taux d’intérêt, les prêteurs font pression pour que ces avantages soient répercutés sur les déposants.

Cependant, les prêts hypothécaires devraient avoir un «impact limité» sur les bénéfices et «les données récentes indiquent un taux de croissance stabilisé, quoiqu’inférieur».

«Cela compensera l’expansion des marges, des conditions de crédit favorables, un levier d’exploitation positif et les segments d’expansion», a déclaré Sedran. «Nous sommes encore à un point du cycle économique où les hausses de taux profitent aux banques et pourraient donc voir les récentes actions de la Banque du Canada et de la Réserve fédérale prolonger la tendance à l’expansion de la marge.»