Gary Stern, l’un des nouveaux propriétaires des Alouettes, a rencontré la presse à Montréal, lundi.
Gary Stern, l’un des nouveaux propriétaires des Alouettes, a rencontré la presse à Montréal, lundi.

Les Alouettes ont enfin des proprios!

À la fin novembre, ils ne savaient pas que les Alouettes étaient à vendre. Le 6 janvier, Gary Stern est venu rencontrer les médias montréalais - sans son partenaire Sid Spiegel - pour amorcer ce que le commissaire de la Ligue canadienne Randy Ambrosie a qualifié de «nouvelle ère» pour les Alouettes.

«Je regardais la Coupe Grey dans mon sous-sol, comme je le fais chaque année, avec quelques amis, dont Sid, mon beau-père, et Dale Lastman, qui est le gouverneur des Argonauts, mon meilleur ami dans la vie. Il m’a demandé si je savais que les Alouettes étaient à vendre. Quand j’ai répondu que non, il m’a demandé si cela m’intéressait et j’ai dit oui. Sid m’a demandé si j’étais certain. Quand je lui répondu par l’affirmative, il a dit qu’il était intéressé aussi.

«Dale a appelé Randy (Ambrosie). Le lendemain, Randy était dans mon bureau et c’est arrivé!»

Ce dénouement met ainsi fin à une saga qui dure depuis mai dernier, quand Robert et Andrew Wetenhall ont remis les rênes de l’équipe à la LCF. Plusieurs candidats et groupes intéressés se sont manifestés, mais aucune transaction n’a pu être conclue, même si Ambrosie a en quelques occasions fait mention qu’une vente était imminente.

Stern et Spiegel, deux entrepreneurs torontois dans le domaine de l’acier, sont donc les nouveaux propriétaires de la concession, sans toutefois préciser dans quelles proportions. S et S Sportsco, détenue par les deux hommes, est la nouvelle identité corporative qui est officiellement propriétaire de l’équipe.

Spiegel, âgé de 89 ans, est le fondateur et président du conseil d’administration de Crawford Steel, société privée qu’il a fondée en 1944. Pour des raisons familiales, il n’a pas pu rencontrer les médias montréalais en même temps que son gendre.

Stern, qui est âgé de 65 ans, est quant à lui le chef de la direction de la compagnie. Leurs investissements antérieurs au Québec comprennent des aciéries à Longueuil et Rouyn-Noranda et des propriétés immobilières. La fortune des deux hommes serait de plus d’un milliard de dollars.

«Ils sont les partenaires parfaits pour les autres formations de la LCF, a affirmé Bob Young, le propriétaire des Tiger-Cats de Hamilton, sur place pour cette annonce. Ils ont les ressources pour faire de ce club un succès.»

Stern a affirmé que les deux hommes, qui en sont à leurs premières armes dans le sport professionnel, sont partisans de la LCF «depuis toujours».

«Cette opportunité est un rêve pour moi. Sid et moi n’allons pas décevoir les partisans de l’équipe au Québec. (...) Nous voyons cela comme un défi et qui survient au bon moment de nos vies. Nous croyons sincèrement que nous allons rendre tous les partisans de football de la province très fiers des Alouettes.»

Plusieurs tâches

Stern agira comme gouverneur du club. Son agenda est fort chargé pour les prochaines semaines, voire les prochains jours : il a indiqué qu’un nouveau président et un nouveau directeur général pourraient être nommés aussi rapidement que d’ici vendredi.

«Mais ne m’en tenez pas rigueur si on le fait la semaine prochaine», a-t-il ajouté à la blague.

Stern a précisé qu’il ne restait plus qu’un candidat à la présidence à rencontrer avant que l’organisation n’arrête son choix pour les deux postes.

«Peu importe qui sont les deux personnes choisies, l’organisation sera entre bonnes mains», précisant que le président du club sera bilingue, après avoir initialement déclaré que «la connaissance du français serait grandement considérée».

«Le prochain président des Alouettes parlera couramment le français», a-t-il ajouté plus tard.

Les dossiers du complexe d’entraînement de l’équipe et des installations administratives du club ont aussi refait surface, des dossiers que Stern a promis de régler rapidement.

«Je vous promets une organisation de première classe, a-t-il dit. Cela inclut de meilleures installations d’entraînement, d’avoir un vrai domicile. Mais ça ne fait que trois semaines que nous sommes à bord : j’ai besoin de temps. Nous sommes ici pour longtemps et nous savons qu’il faut apporter plusieurs améliorations à ce club de football.»

Une entreprise profitable à moyen terme

L’entrée en scène de Stern et de Spiegel en tant que propriétaires des Alouettes est très surprenante étant donné que les frères Jeffrey et Peter Lenkov - originaire de Montréal et vivant désormais à Los Angeles - ont longtemps été pressentis comme les plus sérieux candidats dans ce dossier. La société Claridge, une société d’investissement privé ayant son siège social à Montréal, aurait également envisagé de s’associer aux Lenkov en tant que copropriétaires du club.

Mais les frères Lenkov et leurs partenaires se sont finalement désistés. Vendredi dernier, la ligue a annoncé que Patrick Boivin n’était plus le président des Alouettes, un indice que le dossier de la vente de l’équipe avait pris une nouvelle tournure. Le père de Boivin, Pierre, est président et chef de la direction de Claridge.

Le commissaire Ambrosie a indiqué que Boivin avait été écarté afin que les nouveaux propriétaires puissent mettre leur personnel en place et que cette organisation avait besoin de renouveau. Ambrosie a toutefois pris soin de louanger son travail à la tête du club.

Stern est bien au fait des difficultés financières rencontrées par les Alouettes au cours des dernières années, mais il est persuadé que la situation du club peut-être améliorée dans un avenir rapproché.

«Nous sommes de bons hommes d’affaires. Nous n’avons pas acheté l’équipe en pensant retirer des profits dès cette année. Mais Sid Spiegel est un visionnaire et la LCF est ici depuis plus de 100 ans. Elle est en croissance. (...) Oui, l’équipe a perdu beaucoup d’argent. Mais nous croyons en son potentiel. Ce club est maintenant bien financé. Ne reste plus qu’à trouver un bon président et un bon d.g. pour le gérer.

«Nous savons que ce ne sera pas notre entreprise la plus profitable. Nous croyons toutefois qu’il est possible de ne pas perdre de l’argent et de retirer beaucoup de plaisir en opérant ce club. (...) Ce sera une grande organisation dans quelques années.»

Les nouveaux propriétaires n’ont jamais visité le stade Percival-Molson, où l’équipe joue ses matchs locaux. S’il n’est pas fermé à l’idée de bâtir un nouveau stade au centre-ville, Stern semble vouloir d’abord rentabiliser du mieux possible son domicile actuel.

«Devrais-je bâtir un nouveau stade alors que nous ne sommes pas encore capables de remplir celui que nous avons actuellement? Si c’est payant, nous le ferons.»

Au moment de présenter son projet de nouveau stade de baseball à l’Office de consultation publique de Montréal, Stephen Bronfman avait évoqué la possibilité que les Alouettes y disputent leurs matchs locaux. Pour Bronfman, cette option est toujours sur la table.