Photo prise à Netanya, en Israël

L’éclipse lunaire totale observable sur une bonne partie du globe

Les amateurs d’astronomie à travers une bonne partie du globe ont tourné leur regard vers le ciel vendredi pour observer la plus longue éclipse totale de la lune de ce siècle.

Surnommé «lune de sang», ce phénomène était visible à différents moments de la journée en Australie, en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique du Sud lorsque le soleil, la lune et la Terre se sont parfaitement alignés pour projeter l’ombre de la planète bleue sur son unique satellite.

Ce spectacle livré par les astres n’était toutefois pas observable à partir d’Amérique du Nord, où l’on devra attendre la prochaine éclipse lunaire, prévue le 21 janvier 2019 selon la NASA.

L’éclipse totale de vendredi s’est étirée sur 1 heure et 43 minutes, mais la durée de l’alignement s’est élevée dans son ensemble à près de quatre heures.

À Rio de Janeiro, des acclamations ont retenti lorsque la «lune de sang» a émergé à travers le brouillard. Des centaines de résidants s’étaient réunis sur un fort surplombant la plage Copacabana et le mont du Pain de Sucre. Le planétarium local avait rendu des télescopes disponibles pour l’occasion.

Les yeux étaient aussi rivés sur la lune à travers l’Afrique. À Johannesburg, une nuit d’hiver sans le moindre nuage a permis de voir l’ombre rougeâtre s’étendre graduellement sur la surface de la lune. En Somalie, des croyants se sont précipités vers les mosquées pour se mettre en prière. Du côté du Soudan du Sud, déchiré par la guerre, certains ont osé prendre des clichés de l’éclipse, malgré le fait que l’utilisation d’une caméra en public y est fortement déconseillée. Dans la capitale éthiopienne d’Addis-Abeba, le ciel s’est brièvement éclairci - chose rare durant la saison des pluies.

Le site timeanddate.com permet de savoir précisément les zones concernées par l’éclipse et l’heure locale à laquelle elle sera visible dans la nuit de vendredi à samedi.

Les gens attendant l'éclipse à Vienne, en Autriche.

«La lune devient rouge en raison de la diffusion atmosphérique qui cause le passage de lumière rouge à travers l’atmosphère et de la composition de l’atmosphère qui peut changer si des éruptions volcaniques ou des incendies de forêt surviennent», explique l’astronome Tom Kerss, de l’Observatoire royal de Greenwich.

«Et la densité de la poussière qui augmente dans l’atmosphère peut faire en sorte que la lune semble d’un rouge particulièrement profond, et ça a effectivement le même effet sur les couchers et levers du soleil.»

L’occurrence est d’autant plus spéciale grâce à la position de Mars. La planète rouge n’a jamais été aussi proche de la Terre depuis 2003, ce qui la fait paraître plus imposante et plus scintillante.