Le plus récent rapport du vérificateur général Michael Ferguson sur les avions de chasse, en avril 2012, avait eu l'effet d'une bombe en révélant un contournement des règles par les hauts responsables de la défense, une minimisation des problèmes et un secret sur des renseignements concernant les plans d'achat par le gouvernement Harper de 65 avions F-35.

Le vérificateur général replonge dans le dossier des avions de chasse

OTTAWA — Six ans après son rapport explosif sur les F-35 qui a fait dérailler le plan du gouvernement Harper d'acquérir l'avion furtif controversé, le vérificateur général Michael Ferguson replonge dans le dossier des avions de combat.

Le personnel de M. Ferguson examine depuis plusieurs mois des données gouvernementales internes, bien que le bureau du vérificateur général ne révèle pas précisément quels aspects du programme sont sous son microscope.

Le rapport final devrait être dévoilé l'automne prochain.

Le plus récent rapport de M. Ferguson sur les avions de chasse, en avril 2012, avait eu l'effet d'une bombe en révélant un contournement des règles par les hauts responsables de la défense, une minimisation des problèmes et un secret sur des renseignements concernant les plans d'achat par le gouvernement Harper de 65 avions F-35.

Le rapport avait forcé le gouvernement à suspendre le projet dans l'attente d'un examen plus approfondi, qui a éventuellement établi les coûts totaux de l'achat et de l'exploitation des F-35 à plus de 45 milliards $.

Six ans plus tard, le Canada n'a pas encore choisi un nouvel avion de chasse pour remplacer les CF-18 vieillissants.

Il est peu probable que le vérificateur général découvre cette fois-ci des problèmes aussi marqués dans les efforts du gouvernement pour acheter des avions de chasse, étant donné que le système général d'approvisionnement a été remodelé avec une série de freins et de contrepoids.

Un processus lent

Le nouvel examen risque fort de s'attarder au projet du gouvernement d'acheter des avions de chasse d'occasion en guise de solution provisoire et au processus incontestablement lent d'appel d'offres pour remplacer les CF-18, a affirmé l'analyste en défense David Perry, de l'Institut canadien des affaires mondiales.

«Quel sera l'avantage pour le Canada, et combien cela coûtera-t-il d'obtenir des avions de combat en passant par un achat provisoire tout en prolongeant la durée de vie utile (des CF-18)?» s'est demandé M. Perry.

«Selon moi, l'une des principales inquiétudes est que le processus en cours ne va pas tout à fait à la vitesse de l'éclair», a-t-il ajouté.

Les libéraux ont annoncé en novembre qu'ils prévoyaient acheter des avions de chasse d'occasion de l'Australie - plutôt que de nouveaux Super Hornets de Boeing - comme solution provisoire jusqu'à ce que la flotte entière de CF-18 puisse être remplacée.

Le nouvel approvisionnement permanent était attendu d'ici 2025, mais des documents soumis à l'industrie la semaine dernière montrent que le nouvel objectif est 2031, le gouvernement souhaitant prendre son temps pour l'appel de propositions.

Le report signifiera sans doute une autre ronde de prolongement complexe et dispendieux de la durée de vie utile des CF-18, qui auront 50 ans d'existence au moment du retrait du dernier appareil en circulation.

Des rapports avaient déjà déterminé que tout prolongement de vie des CF-18 au-delà de 2025 serait une «solution à risque élevé en termes de coûts, d'échéancier et d'éléments techniques».

Plusieurs analystes en défense et responsables militaires retraités ont remis en doute la nécessité d'acquérir des avions de chasse provisoires et ont réclamé un appel d'offres immédiat.